Notre programme, nos priorités, nos mesures

Axe 1 : Une politique municipale collégiale et populaire

ÉTAT DES LIEUX :

Dans le mandat actuel, la Ville d’Arles gouverne seule. Malgré son territoire très vaste et la diversité de sa population, il n’existe aucun espace démocratique permettant de construire la politique municipale avec la contribution des habitant·es et de la société civile. Seuls les rares conseils des sages, conseil municipal des jeunes ou conseils de village ont le mérite d’exister mais ils sont davantage des « chambres d’enregistrement » que de véritables instances de décisions municipales.

Les conseils de quartier ou le médiateur de la ville sont globalement des échecs, faute de budget et de participation des habitant·es. Il existe pourtant de nombreux exemples possibles qui peuvent servir de modèles, comme Poitiers ou Blois.

Notre objectif est de faire du partage des pouvoirs municipaux une condition d’exercice du mandat.

MESURE 1 - Créer un poste d’adjoint·e à la « vie citoyenne et démocratique » doté d’un budget et d’une compétence transversale aux autres délégations municipales.

Sa fonction : diriger le nouveau service « vie citoyenne et démocratique » de la ville d’Arles
Son rôle : mettre en œuvre les politiques de démocratie locale et garantir le respect de :
• La transparence de la vie politique et du budget « probité des élu·es ».
• La participation de la société civile dans les processus démocratiques (RIC, assemblée citoyenne et populaire,...).
• La bonne tenue des instances de décision interne comme les conseils municipaux : présence des conseiller·es, exigence de réponse pour les questions soulevées par les conseiller·es y compris ceux et celles de l’opposition, transparence sur les documents des délibérations, plateformes de consultations, harmonisation des documents : coordination des services qui préparent les délibérations pour faciliter leur transmission en avance pour un travail approfondi en amont des conseils.
Participer aux choix des modes d’actions des autres délégations : pas saisine ou auto-saisine pour en améliorer les processus de décisions démocratiques.
Animer une page web Arles info.

MESURE 2 - Créer une Assemblée citoyenne et populaire comme instance de co-construction des politiques municipales.

Son objectif principal est de créer un espace où les habitant·es de la ville peuvent débattre, proposer des idées, élaborer des solutions concrètes pour les défis locaux et décider ensemble de leur mise en œuvre.
L’Assemblée citoyenne organise régulièrement des réunions ouvertes à tous·tes, lors desquelles les participant·es peuvent décider d’un sujet important sur lequel il faut délibérer tel que l’aménagement urbain, l’éducation, l’environnement ou encore la culture.
• Redonner du pouvoir d’agir aux habitant·es.
• Développer la culture du dialogue démocratique.
• Recréer un lien de confiance.
• Former les habitant·es aux affaires publiques.
L’Assemblée comprend initialement 100 habitant·es tiré·es au sort. Cette base est ensuite complétée par tous les volontaires désireux de participer lors des différentes séances de travail. À cela viennent s’ajouter chercheur·euses, associations, entreprises, élu·es et facilitateur·ices.
Entre les sessions ouvertes au grand public, deux groupes fonctionnent en comité restreint :
• Le groupe de proposition, chargé d’approfondir les sujets, d’entendre des expert·es et de présenter des propositions à l’Assemblée. Ce groupe, constitué de 20 volontaires parmi les tiré·es au sort, de 6 élu·es (dont 2 de l’opposition) et de 4 agents municipaux, n’a pas le pouvoir de décision qui est réservé à l’Assemblée.
• Le comité de méthodologie est responsable de l’organisation, de la logistique et de la préparation des séances de travail. Composé de 3 volontaires parmi les tiré·es au sort, de 3 élu·es, de 3 agents municipaux et de l’équipe de facilitateurs·rices, ce comité n’intervient pas dans le contenu des débats.
Indemnisation des citoyen·nes les plus précaires comme pour les jurés d’assises (13,74€/heure).

Un seul sujet est examiné chaque année au cours de 4 journées de travail de l’Assemblée.
Ces quatre journées sont des moments à la fois décisionnels et festifs, au cours desquels l’Assemblée sélectionne le sujet (lors de la première session), puis délibère et prend des décisions (lors des trois sessions suivantes) afin de définir un plan d’action concret.
À la fin de ces quatre sessions, la proposition est soumise au vote du Conseil municipal.
Une fois la proposition adoptée, des citoyen·nes sont impliqué·es dans le suivi du projet.

MESURE 3 - Une commission citoyenne chargée du budget et de la dette.

Installer un comité citoyen tiré au sort chargé, avec les moyens et l’accompagnement de la collectivité, de réaliser un audit de la dette communale et intercommunale pour dénoncer les emprunts toxiques éventuellement contractés et identifier l’action des lobbies privés.
Cette commission pourra également se saisir ou être saisie par le conseil municipal, afin d’intervenir sur des moments clés du mandat : notamment sur le vote des budgets annuels et les subventions aux associations.
L’accompagnement pourra donner lieu à des formations sur le budget et les finances municipales.
Ces citoyen·ne·s formé·e·s pourront également intervenir ponctuellement, sur sollicitation, dans l’Assemblée citoyenne et populaire.
Cette commission sera également chargée de dénoncer les contrats déraisonnables signés par les majorités précédentes pour les finances publiques municipales, souvent au profit d’entreprises privées.
Elle sera également chargée d’un audit sur la vente du patrimoine arlésien aux privés.

Axe 2 : Redonner le pouvoir aux Arlésien·nes

ÉTAT DES LIEUX :

La citoyenneté ne se réduit pas à mettre des bulletins dans une urne lors d’élections. Pourtant, aucun dispositif municipal actuel ne permet aux habitant·es d’intervenir dans les décisions municipales et d’exercer leur souveraineté populaire. Au mieux, ils et elles sont « informé·es », « consulté·es » mais jamais partie prenante des décisions qui sont prises en leur nom.


Notre objectif est de créer une nouvelle culture démocratique dans laquelle les citoyen·nes interviennent directement dans les prises de décision, au-delà de l’élection de leurs représentants.

MESURE 1 - Donner aux citoyen·nes la possibilité d’organiser un référendum d’initiative citoyenne (RIC).

La commune met à disposition des habitant·es une plateforme de pétition.
Si la pétition atteint 5% du corps électoral (c’est-à-dire 1860 voix), le dépositaire a un espace de parole pour défendre son projet en conseil municipal.
Si la pétition atteint 10 % du corps électoral (c’est-à-dire 3720 voix), un référendum municipal est organisé, précédé d’une période raisonnable de campagne. La validité du référendum est conditionnée à une participation de 50% du corps électoral.
Le conseil municipal s’engage à respecter les résultats du vote.

MESURE 2 - Créer des budgets participatifs communaux.

Allouer aux budgets participatifs communaux un montant d’un plancher minimum de 10 % du budget d’investissement, avec l’objectif d’aller vers 25 % hors investissements contraints (rénovations des écoles et bâtiments publics...) et précédés par un débat d’orientation publique pour le mandat général de la commune.
La mise en œuvre d'un budget participatif comprend les étapes suivantes :
• choix d’un montant et de critères de sélection ;
• appel à projets avec ou sans présélection des habitant·es ;
• étude et chiffrage des projets par les services municipaux ;
• campagne de mobilités par les porteurs de projets ;
• vote ;
• réalisation des projets.
Soit les habitant·es définissent des priorités dans les choix budgétaires et chargent des délégué·es de porter leurs projets auprès des services de la ville (modèle pyramidal), soit tous les habitant·es peuvent prendre part à la décision, de la proposition au vote (modèle horizontal). Ce modèle dit horizontal représente 90% des budgets participatifs en 2018.
Nous prendrons garde à :
• la fracture numérique ;
• l’accès à l’information.

MESURE 3 - Doter les conseils de quartier et de village de moyens pour qu’ils puissent exercer leur rôle d’interlocuteur municipal.

Composition des conseils :
• Chaque quartier ou village est représenté par un conseil de quartier ou de village.
• Le nombre de personnes varie selon la taille du quartier.
• Il est composé de ⅔ habitant·es et ⅓ de structures.
• ⅓ des habitant·es sont tiré·es au sort.
Fonction :
• Ils sont dotés d’un budget participatif et sont ouverts à tous·tes les habitant·es de plus de 16 ans.
• Les conseils de quartier peuvent demander une délibération dans les conseils municipaux.
• Ils sont sollicités pour faire connaître la politique municipale ou pour relayer certaines informations (budget participatif, recrutement de l’Assemblée citoyenne et populaire,...).
• Ils peuvent également participer aux autres instances : commissions municipales thématiques ou Assemblée citoyenne et populaire.
• Leur animation est confiée à la délégation « vie démocratie et citoyenne ».

Axe 3 : Abolir les privilèges et la corruption

ÉTAT DES LIEUX :

D’après l’Agence française anticorruption, plus de 40 % des communes sont confrontées à la corruption. La corruption est un obstacle au fonctionnement démocratique à tous les niveaux de la société, de la commune aux plus hauts niveaux politiques. Il est primordial de séparer les mairies du monde de l’argent. Le mandat d’élu·e ne doit pas être une carrière pour s’enrichir mais un service au peuple.

Le caractère représentatif de la démocratie actuelle décorréle les campagnes de l’action, les promesses s'enchaînent mais aucune garantie n’existe autre que de nouvelles élections six ans plus tard. Rendre révocables les mandats empêchera les promesses inconsidérées et les mensonges politiques, forcera la planification des actions politiques et garantira aux citoyen·ne·s que tout sera mis en œuvre pour assurer la tenue des promesses.

Notre objectif est de regagner la confiance des habitant·es, en acceptant de se soumettre à leur décision et en œuvrant avec transparence.

MESURE 1 - Signature de la Charte Anticor par tous·tes les élu·es.

L’élu·e local·e exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité.
• L’élu·e a un casier judiciaire vierge de toute infraction à la probité ;
• L’élu·e protège les lanceur·ses d’alertes ;
• L’élu·e se limite à deux mandats exécutifs successifs.
Dans l’exercice de son mandat, l’élu·e local·e poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt personnel ou particulier.
• L’élu·e publie sa déclaration d’intérêts, portant sur les cinq années précédant le mandat ;
• Les collectivités nomment un référent déontologie.
L’élu·e local·e veille à prévenir et à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts.
• L’élu·e se forme en début de mandat sur les infractions à la probité et la prévention de celles-ci ;
• L’élu·e respecte l’obligation de déport en cas de conflit d’intérêt ;
• La collectivité tient un registre actualisé des déports ;
• La collectivité tient un registre de transparence accessible, qui comprend notamment les rencontres entre élu·e·s et représentant·e·s d’intérêts ou d’entreprises susceptibles d’intervenir dans des marchés publics.


L’élu·e local·e s’engage à ne pas utiliser les ressources et moyens mis à sa disposition à d’autres fins.
• La collectivité se dote d’un guide de conduite déontologique concernant les moyens mis à la disposition des élus et leur utilisation ;
• L’élu·e fait un usage adéquat de la protection fonctionnelle.
L’élu·e local·e s’abstient de prendre des mesures lui accordant un avantage personnel ou professionnel futur après son mandat.
• L’élu·e s’abstient de quitter le service public pour entrer dans une entreprise privée (“pantouflage”) et de faire usage des informations obtenues dans le cadre de son mandat pour favoriser ses intérêts ou ceux d’un tiers, et ce dans un délai de 3 ans après la fin de sa dernière mandature.
L’élu·e local·e participe avec assiduité aux réunions de l’organe délibérant.
• L’élu·e fait preuve d’assiduité ;
• L’élu·e est engagé dans l’exercice effectif de son mandat.
L’élu·e local·e rend compte de ses actes et décisions devant les citoyens.
• Un contrôle démocratique de la collectivité est mis en place ;
• La transparence de la gestion de la collectivité est assurée ;
• L’élu·e favorise la participation citoyenne à la vie publique.

Les propositions d’Anticor sont à retrouver ici
https://www.anticor.org/2026/01/12/elections-municipales-2026-les-propositions-ethiques-danticor/

MESURE 2 - Rendre publiques les déclarations de patrimoine et les indemnités des élu·es.

Chaque année, un numéro spécial de Arles Info publiera les déclarations (actualisées) de patrimoine et l’intégralité des indemnités des élu·es.
Ces informations seront également disponibles sur le site internet de la mairie.

MESURE 3 - Limiter les dépenses inutiles.

Dans un contexte budgétaire tendu, il est normal que certaines dépenses soient plus encadrées et restreintes. Parmi elles, on peut citer quelques exemples de mesures :
• Limitation des frais de réception ;
• Limitation des avantages et privilèges des élu·e·s : exemple des voitures de fonction et des chauffeurs privés. C’est un enjeu d’égalité qui permet également d’économiser des dizaines de milliers d’euros par an !

MESURE 4 - Instauration d’un référendum révocatoire pour les élu·es.

Faire signer aux élu·es une charte dans laquelle iels s’engagent individuellement à respecter une votation sur leur révocation.
• Un seuil significatif de pétitionnaires : les citoyen·nes pourraient initier une procédure de révocation en réunissant un certain nombre de signatures (par exemple, 10% des électeur·ices inscrit·es dans la commune, soit 3700 voix à Arles). Ce seuil garantit que la demande repose sur un large consensus et non sur des revendications minoritaires.
• Un cadre strictement établi : ce droit de révocation ne pourrait être déclenché qu’en cas de situations définies, comme un abandon manifeste des engagements électoraux, un changement radical d’appartenance politique ou des manquements graves à l’éthique.
• Organisation d’un référendum local : une fois le seuil atteint, un référendum serait organisé pour demander aux citoyen·nes s’ils souhaitent ou non la révocation de l’élu·e ou du groupe concerné. Si la majorité des votants approuve la révocation, une nouvelle élection serait convoquée.
• Respect du libre mandat : ce dispositif ne remettrait pas en cause le principe du libre mandat, car il respecterait l’indépendance des élu·es tout en renforçant la capacité des citoyen·ne·s à intervenir dans des cas exceptionnels.

Une telle mesure aurait des effets bénéfiques à plusieurs niveaux :
• Renforcer la responsabilité des élu·es : savoir qu’un droit de révocation existe inciterait les élu·es à rester aligné·es avec les engagements pris, tout en maintenant un dialogue constant avec les citoyens.
• Redonner du pouvoir aux électeur·ices : ce mécanisme permettrait aux habitant·es d’Arles de se sentir véritablement acteurs·rices de la vie politique locale, au-delà du simple vote tous les six ans.
• Améliorer la transparence : la procédure de révocation serait un levier pour encourager des pratiques politiques plus éthiques et une communication claire entre les élu·es et les citoyen·nes.

Axe 4 : Une vie municipale contributive et transparente

ÉTAT DES LIEUX :

La démocratie souffre de prise de décisions opaques et d'institutions qui fonctionnent en vase clos. Les conseils municipaux sont également l’objet de ces critiques. Bien qu’ils soient désormais possibles de les revoir en replay, aucune action n’existe pour les ouvrir à la participation citoyenne et à la société civile. Qui a le temps de regarder 3h, parfois plus, de conseil municipal ? Il faut donc inventer de nouveaux formats, par exemple des vidéos synthétiques, courtes, non déformantes. La ville communique beaucoup sur les réseaux sociaux : il y a donc forcément des agent·es compétent·es pour produire des contenus.

Le fonctionnement même du conseil municipal doit être repensé. En fin de conseil, pendant le temps de « questions diverses », qui devrait être un espace libre d’échange de débats, le maire actuel ne donne la parole à l’opposition qu’une fois sur deux : en janvier, c’est la majorité, en février, le PC, en mars, la majorité, en avril, Changeons d’avenir, etc. Cela fait bien trop peu d’occurrences de prise de parole pour chaque élu·e. Il faut absolument sortir de ce système cloisonné et autoritaire.

Enfin, il faut faciliter la présentation des appels d’offres de la commune, par exemple en y dédiant une page sur le site internet de la mairie, et être plus transparents sur les processus de décisions et les choix finaux. C’est nécessaire pour éviter des formes de « copinage » qui peuvent parfois frôler la corruption.

MESURE 1 - Un droit d’intervention citoyenne aux conseils municipaux.

Avec la création des commissions thématiques, le conseil municipal peut bénéficier d’une expertise de la société civile selon les sujets qu’il doit traiter. L’Assemblée citoyenne et populaire aura un rôle majeur à jouer, tout comme le Référendum d’initiative citoyenne (RIC).
Le processus de RIC :
• La commune met à disposition des habitant·es une plateforme de pétition.
• Si la pétition atteint 5% du corps électoral (c’est-à-dire 1 860 voix), le dépositaire a un espace de parole pour défendre son projet en conseil municipal.
D’autres interventions citoyennes sont également prévues dans d’autre propositions programmatiques :
• Le référendum révocatoire des élu·es.
• L’Assemblée citoyenne et populaire.
• Le Conseil municipal des jeunes.
• Le Conseil citoyen de bifurcation écologique.
• La Commission citoyenne du budget et de la dette

MESURE 2 - Rendre plus accessibles les délibérations et les comptes-rendus des conseils municipaux et de la commande publique.

En amont des conseils municipaux, la plateforme en ligne dédiée à la démocratie locale permettra également de mettre à disposition les éléments de préparation des conseils municipaux.
Les conseils municipaux sont déjà enregistrés et mis en ligne sur le site de la commune mais sont très peu digestes. Des agent·es seront chargé·es de préparer systématiquement, après chaque conseil municipal, une vidéo de résumé, courte et non déformante. On peut également penser inclure dans ces créations des membres du Conseil municipal des jeunes.
Une page du site de la mairie est dédiée aux appels d’offres. La page explicite les critères et détaille les processus de décisions et les choix finaux.

MESURE 3 - Proposer des formations aux outils démocratiques.

Favoriser le développement et s’appuyer sur les démarches de l’éducation populaire pour multiplier les modes de participation citoyenne à la vie municipale (enquêtes participatives, cahiers de doléances, assemblées de quartiers, marches exploratoires, interventions d’associations et d’élu·es dans les collèges, lycées, centres sociaux...).
Dans un premier temps, des formations aux outils démocratiques et aux modes de prise de parole publique seront principalement dédiées aux personnes faisant parties des différentes instances démocratiques municipales :
• Assemblée citoyenne et populaire
• Commission citoyenne du budget et de la dette
• Conseil citoyen de bifurcation écologique
• Conseils de quartier
• Conseils municipal des jeunes
Comme le prévoit l’Assemblée citoyenne et populaire, des « expert·es » ou « formateur·rices » pourront être appelé·es pour vulgariser et expliquer le fonctionnement de la mairie selon les grands thèmes abordés : budget, école,...
Le dispositif pourra être élargi, notamment aux publics scolaires à travers des temps d’éducation civique.

Axe 5 : Engager une bifurcation écologique radicale

ÉTAT DES LIEUX :

L’écologie n’est pas un sujet à part. Elle est la condition de réalisation de tous les choix politiques présents et futurs.

Arles, plus grande commune de France hexagonale, située entre fleuve, terre et mer, est un condensé de tous les enjeux écologiques : biodiversité, crise climatique, pollution, qualité de l’air, des eaux, des terres, etc.. Ce territoire multi-labellisé (2 parc naturels régionaux, site RAMSAR, 3 réserves nationales, 1 réserve régionale etc.) est aussi un formidable laboratoire pour concrétiser localement une bifurcation écologique et servir plus largement de modèle pour les autres territoires. Notre territoire héberge une forte biodiversité et de grands espaces naturels qui sont une grande source de richesse et font le bonheur des Arlésien·es et de nombreux visiteur·ses.

Mais ce territoire est aujourd’hui menacé : l’artificialisation des sols nuit au cycle de l’eau et au climat, intensifiant les effets du changement climatique déjà élevés sur la commune. Cela est dû à plusieurs causes : étalement urbain non maîtrisé (habitations, infrastructures locales), développement de zones industrielles (grandes surfaces logistiques), développement de projets d’infrastructures qui dépassent la géographie locale (contournement autoroutier, ligne THT).

Les pratiques agricoles intensives sont souvent source de pollution de l’air, de l’eau et des terres (fertilisants, pesticides, plastiques, brûlis), impactant la santé de nos agriculteur·rices, de nos écosystèmes terrestres et aquatiques, et de nos citoyen·nes.

Notre objectif pour Arles est qu’elle soit une ville pleinement engagée dans la bifurcation écologique, qu’elle s’empare des enjeux clés de lutte contre la crise de la biodiversité, les bouleversements climatiques et leurs conséquences, et qu’elle oeuvre activement pour une amélioration de la qualité de vie (qualité de l’air, paysages etc.) et des ressources locales (eau, espaces naturels, espaces agricoles).

MESURE 1 - Instaurer un Conseil citoyen de la bifurcation écologique.

Comme pour la culture ou pour la dette, l’adjoint·e à la bifurcation écologique aura pour mission prioritaire d’instaurer un Conseil citoyen de la bifurcation écologique, composé d’élu·es, d’agent·es de la commune, de représentant·es du conseil municipal des jeunes, de représentant·es des associations engagées dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité et de citoyen·nes tiré·es au sort et formé·es à ces enjeux.
Ce Conseil, doté d’un budget propre, se saisit - par demande du conseil municipal ou par autosaisine - de tous les sujets touchant à la bifurcation écologique. Il donne de grandes orientations annuelles. Il organise deux grandes conférences annuelles avec des expert·es sur des enjeux locaux, nationaux ou mondiaux.

MESURE 2 - Lutter contre l’étalement urbain : zéro artificialisation nette.

L’enjeu est simple : ne plus perdre un seul hectare de terres agricoles. Nous inscrirons ce principe dans le Plan Local d’Urbanisme. Il faut donc densifier l’habitat sur les zones existantes, avoir une vraie politique de logement pour contenir l’expansion urbaine, favoriser l’implantation d’entreprises locales et donc non délocalisables et sur des sites existants (Minimes, Papeteries Etienne), refuser l’étalement des zones commerciales en périphérie, qui contribue en outre à vider le centre-ville.
Nous nous opposerons fermement aux projets écocidaires et anachroniques comme le contournement autoroutier, le pont à Salin-de-Giraud, la ligne THT.

MESURE 3 - Adapter les bâtiments publics, les écoles et l’espace public.aux bouleversements climatiques.

Adaptation des bâtiments publics aux bouleversements climatiques à venir, donc essentiellement lutter contre la chaleur sans pour autant installer partout la clim. Des mesures peu coûteuses et immédiatement disponibles existent : ventilateurs de plafond, stores extérieurs, films microperforés, etc.
Adaptation des écoles aux bouleversements climatiques : désimperméabilisation des cours d'écoles, végétalisation, mise aux normes pour l'isolation thermique (si possible en utilisant des matériaux biosourcés comme la paille de riz, produite localement). La végétalisation des cours d’école est un point essentiel de l’amélioration du cadre de travail et du bien-être général des équipes éducatives et des élèves. Ce projet permet à la fois de reconnecter les enfants à la nature et de répondre aux difficultés rencontrées lors des périodes de canicule.
Ces transformations ne seront pas imposées par en haut mais seront travaillées avec l'ensemble de la communauté éducative (enseignant·es, parents d'élèves, enfants).
La végétalisation des cours d’école permet également de faire de l’éducation à la biodiversité : installation de nichoirs, de potagers scolaires, de mares pédagogiques, etc.
Ces cours d’école végétalisées pourront, comme c’est déjà le cas dans certaines communes (Paris, Lyon) être ouvertes à toustes durant les périodes de canicule.
Adaptation de l’espace public : les vagues de chaleur appellent une politique volontariste de végétalisation avec des essences locales, d’installation de fontaines et de voiles d’ombrage dans le centre ville, de désimperméabilisation des sols.
Valorisation et connexion aux poumons verts de la ville, en particulier les marais de Beauchamps.

Axe 6 : Dépolluer Arles

ÉTAT DES LIEUX :

Les habitant·es, les espaces naturels et la biodiversité locale subissent de nombreuses sources de pollution :
pollution de l’air par les activités industrielles de Fos-sur-Mer,
intense trafic routier avec pollution sonore et pollution de l’air,
dépôts illégaux d’ordures,
pollution des eaux de surface par les pesticides, qui engendre en rebond une pollution des sols.

La pollution, ce n’est pas un mot. Ce sont des coûts immenses en vies humaines et en euros : 40 000 décès prématurés par an, 48 milliards d’euros par an. Dépolluer, c’est donc protéger les vies de toustes, protéger la biodiversité, assurer une meilleure qualité de vie au quotidien et dans le futur.

Aujourd’hui chaque Arlésien·ne produit plus de 700 kg d’ordures par an. Parmi ces déchets, 429 kg sont envoyés dans des centres d’enfouissement et rejoindront bientôt les incinérateurs, créant des déchets de haute toxicité. Seul 1/3 de ces 429 kg devrait avoir ce destin car 36% de ces ordures sont des déchets alimentaires et 32 % sont des déchets qui devraient partir au recyclage.

MESURE 1 - Comprendre et surveiller.

Dépolluer passe d’abord par la collecte d’informations :
• Installation de stations de mesure de la qualité de l’eau sur les principaux canaux d’irrigation agricole.
• Installation de stations de mesure pour la qualité de l’air sur les hameaux de Mas-Thibert, de Salin-de-Giraud et du Sambuc.

MESURE 2 - Promouvoir une mobilité douce.

Multiplier les pistes cyclables (avenue Stalingrad notamment). Cela passe aussi par l’entretien et la mise en valeur de celles qui existent, notamment l’eurovéloroute 17, menacée par le projet de contournement autoroutier en Camargue alors même qu’il s’agit d’un atout touristique majeur (et très rentable pour la commune).
Créer une passerelle piétons/cyclistes sur le Rhône, au niveau de l’ancien pont aux lions. C’est un moyen de faciliter des trajets pendulaires doux entre Trinquetaille et la zone nord d’Arles, et donc de désengorger le pont de Trinquetaille.
Encourager la location de vélos : un plan pluriannuel sécurisé et cohérent avec la mise en place d’un véritable service public communal et intercommunal du vélo avec une tarification attractive revue à la baisse pour le prêt de vélo. Actuellement il n’y a que de la location vélo pour adulte. Un appel d'offres sera lancé pour la location de vélo enfant.
Discuter avec la Région pour, autant que possible, améliorer la desserte d’Arles et alentours par les bus de région et les TER, moins nombreux qu’il y a quelques années.
Petit à petit, avancer vers l’idéal d’une “ville sans voiture”, sur le modèle de Pontevedra en Espagne. Piétonniser des rues du centre-ville à partir d’un Pacte écologique Mobilité Transport (PEMT). Piétonnisation du boulevard des Lices le samedi après le marché, jusqu’à 19h.
À Pontevedra, Le transit en centre-ville a été maintenu, mais fortement restreint pour les véhicules motorisés, les places de stationnement supprimées au profit de parkings souterrains (payants). La vitesse est limitée à 20 km/h, et même à 10 km/h dans le centre historique (où seuls les véhicules des professionnels, des résidents et des personnes handicapées sont autorisés à circuler). [...] Mise en place d’immenses « parkings de dissuasion », entièrement gratuits pendant vingt-quatre heures.
Source : “« La Ville sans voiture » : « Envoyé spécial » à Pontevedra, la cité où le piéton est roi”, Le Monde, 17 juin 2021, https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/17/la-ville-sans-voiture-envoye-special-a-pontevedra-la-cite-ou-le-pieton-est-roi_6084586_3246.html

MESURE 3 - Installer des bornes aspirantes antimoustiques.

Des études prouvent que l’actuelle démoustication au BTI est peu efficace et est très nocive pour la faune. Les bornes aspirantes antimoustiques sont plus efficaces et moins polluantes. Il est regrettable que le département, à travers l’Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID), freine sur cette innovation mais la commune d’Arles peut avancer à son rythme, comme l’a fait par exemple la ville d’Hyères.
Équipée de bornes anti-moustiques Qista depuis 2019, la ville de Hyères comptait initialement un parc de 157 bornes. Un an plus tard, ce sont plus de 250 bornes anti moustique qui étaient réparties sur l’ensemble de la commune. Les habitants ont très vite exprimé leur satisfaction vis-à-vis de l’action portée par la municipalité. En 2020, les bornes anti-moustiques ont permis de capturer plus de 2 millions de moustiques, des captures impressionantes qui représentent plus d’1 milliard d’oeufs non pondus durant la saison. En plus de réduire la nuisance de moustique, la ville d’Hyères affine considérablement sa stratégie de lutte anti-moustique grâce au système de monitoring des bornes. Munies de cet outil, les autorités agissent contre le moustique de façon préventive et prédictive.
Source : “Hyères poursuit son action dans la démoustication écologique avec QISTA”, 2 juillet 2021, https://qista.com/fr/actualites/hyeres-poursuit-son-action-dans-la-demoustication-ecologique-avec-qista/
Lutter contre la pollution visuelle nocturne en diminuant l’éclairage urbain et en faisant appliquer strictement les lois contre l’éclairage nocturne des boutiques.
Aller vers un marché “zéro déchets” en faisant appliquer la loi sur l’interdiction des sacs plastiques (depuis 2016 !) et en systématisant le tri et la récolte des biodéchets.
Œuvrer au quotidien pour la propreté des rues : renouer le dialogue avec les agent·es et l’ACCM, lutter contre les dépôts sauvages, notamment autour des écoles.
Favoriser le tri sélectif et le recyclage : mettre en place des composteurs collectifs, distribuer des sacs jaunes dans les hameaux, lutter contre le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires.
Accompagner l’installation et le développement de commerces responsables : le commerce en vrac, les logiques de circuits courts, la filière bio, l’artisanat local, les plateformes de réparation et les recycleries. Comme dans quelques communes d’avant-garde, nous installerons un service de collecte et nettoyage de couches lavables en s’appuyant sur les structures petite enfance mais également les maternités et les particuliers.
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères à Arles est au seuil maximal fixé par la loi. Cela représente un coût important pour les Arlésien·nes. Les citoyen·nes qui réduiront leurs déchets verront cette taxe se réduire en proportion de leurs efforts. Ce système de tarification incitative a été expérimenté, avec de très bons résultats, dans de nombreuses villes européennes comme Caponnari en Italie.
À partir de 2012, la commune de Capannori a mis progressivement en place une tarification incitative : montant de la taxe d'ordures ménagères d’un ménage déterminé à partir du volume des déchets qu’il produit. Bref : « Plus tu jettes, plus tu payes ! ». C’est simple et efficace. Chaque ménage dispose de sacs électroniquement identifiables destinés aux déchets non triés ou ultimes. Chaque sac est scanné quand il est collecté par deux bornes électroniques (l'une installée sur le camion de collecte, l'autre implantée à l'entrée du centre de collecte). La taxation Déchets pour chaque foyer est déterminée à partir des résultats enregistrés. Résultat : 200 € représentant le montant moyen de la taxe annuelle d’ordures ménagères acquittée par une famille de 4 personnes.
“Déchets : retour à Capannori. Plus tu jettes, plus tu payes !”, Journal de la Corse, 21 avril 2023, https://www.journaldelacorse.corsica/articles/2367/dechets-retour-a-capannori-plus-tu-jettes-plus-tu-payes

MESURE 5 - Accompagner la transition agro-écologique .

La dépendance aux produits phytosanitaires et certains changements de pratiques comme la conversion vers des exploitations de maraîchage intensif (melons, tomates par exemple) pèsent sur la santé des agriculteur·ices et des travailleur·euses du secteur, des consommateur·ices et la qualité écologique des milieux. Ici comme ailleurs, il est urgent d’amorcer une véritable transition agroécologique.
Renforcer le contrôle et la verbalisation sur les brûlages agricoles illégaux (chaumes de riz, plastiques, déchets divers…) .
Accompagner les agriculteur·rices et la Chambre d’Agriculture dans leurs démarches de réduction de l’usage de pesticides : allongement de la rotation rizicole, favoriser les couverts en intercultures par des co-financements, soutien au maintien du bio, commande publique pour la restauration collective de produit locaux, bio et labellisés (AOP, AOC et IGP).
Soutenir les filières locales de valorisation de la paille de riz et autres sous-produits de l’activité agricole dans des projets d’innovation et de développement de matériaux biosourcés (ex : valorisation de la paille de riz pour l’isolation). Développer la formation de ce type d’artisanat et envisager un circuit de récupération avec déduction d’impôt ou de taxe aux agriculteur·ices par volume de paille non brûlée.

Axe 7 : Bus et vélos par tous les moyens

ÉTAT DES LIEUX :

Selon une étude commandée en 2020, le pays d’Arles, territoire très étendu, est particulièrement marqué par la voiture. Les ménages du Pays d’Arles sont en moyenne plus équipés en voiture que les ménages des Bouches-du-Rhône et les transports en commun sont globalement peu utilisés. La part des Arlésien·nes travaillant dans leur commune de résidence ne cesse de diminuer, ce qui entraîne donc logiquement plus de déplacements qui sont très majoritairement faits en voiture (95%). Les distances moyennes parcourues quotidiennement par ces personnes (les “navetteurs”) ne cessent d’augmenter, avec les conséquences économiques, sociales et environnementales qui en découlent.

Les habitant·es font au quotidien l’expérience de difficultés multiples : centre-ville embouteillé, parkings pleins, quartiers et hameaux mal desservis par les transports en commun, etc. La voiture est reine : l’espace public en est devenu invivable en termes de bruit, de pollution, sans parler de l’incompatibilité fondamentale de ce mode de transport avec les enjeux climatiques.

Il faut d’abord éponger une situation d’engorgement en proposant des parkings relais, la gratuité du stationnement mais il faut aussi essayer de régler le problème en amont : et s’il y avait moins de voitures individuelles, tout simplement ? Encourager les transports publics et la mobilité douce serait une solution bien moins coûteuse qui réduirait aussi la nuisance de la circulation et du stationnement en centre ville sans pour autant enclaver les zones périphériques.

Par conséquent, dans notre ville, les transports en commun doivent être gratuits, accessibles et écologiques. Se déplacer ne devrait pas coûter un bras, ni polluer la planète. Nous proposons un ensemble de mesures financièrement responsables, qui protègent les personnes les plus vulnérables, soutiennent les jeunes et les familles, et font des choix écologiques une priorité.

En 2026, faisons de la mobilité un levier de pouvoir d’achat, de qualité de vie et d’attractivité pour Arles, ses quartiers, ses villages et hameaux.


Source

“La mobilité en Pays d’Arles. Une première approche des enjeux pour le territoire”, AUPA, 2020


MESURE 1 - Une tarification plus juste.

Gratuité pour les plus de 65 ans, les étudiant·es faisant leurs études sur Arles et les personnes à mobilité réduite.
Un Pass “Bienvenue au collège” pour tous les élèves de 6ème à 40 euros par an + gratuité des transports en commun pour les deux premières semaines de septembre pour les parents dont l’enfant entre en 6ème (valable également pour des arrivées en cours d’année scolaire).
Gratuité familles nombreuses à partir du 3ème enfant inscrit.
Nous conservons et renforçons le tarif solidaire pour demandeur·ses d’emploi et bénéficiaires RSA. En partenariat avec le CCAS, des Pass transport limités et ciblés seront distribués de manière confidentielle pour aider les familles les plus fragiles (violences, isolement, précarité, primo-arrivants, etc.).

MESURE 2 - Des navettes à la demande et des parkings multimodaux.

Navettes à la demande renforcées (pour les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées de plus de 70 ans donc véhicule équipé PMR). Fonctionnement 300 jours par an.
Parkings relais stratégiques : développer les plateformes multimodales aux entrées d’Arles pour réduire le trafic et la pollution de l’air. Création de parkings relais avec ticket combiné (voiture + aller-retour bus). Zones prioritaires : Zone Nord, Parking des Minimes, Quartier Barriol. Moins de voitures en centre-ville, c’est plus de fluidité dans la circulation et cela profite aussi à la qualité de vie en centre-ville.

MESURE 3 - Promouvoir une mobilité douce.

Multiplier les pistes cyclables (avenue Stalingrad notamment). Cela passe aussi par l’entretien et la mise en valeur de celles qui existent, notamment l’eurovéloroute 17, menacée par le projet de contournement autoroutier en Camargue alors même qu’il s’agit d’un atout touristique majeur (et très rentable pour la commune).
Créer une passerelle piétons/cyclistes sur le Rhône, au niveau de l’ancien pont aux lions. C’est un moyen de faciliter des trajets pendulaires doux entre Trinquetaille et la zone nord d’Arles, et donc de désengorger le pont de Trinquetaille.
Encourager la location de vélos : un plan pluriannuel sécurisé et cohérent avec la mise en place d’un véritable service public communal et intercommunal du vélo avec une tarification attractive revue à la baisse pour le prêt de vélo. Actuellement il n’y a que de la location vélo pour adulte. Un appel d'offres sera lancé pour la location de vélo enfant.
Discuter avec la Région pour, autant que possible, améliorer la desserte d’Arles et alentours par les bus de région et les TER, moins nombreux qu’il y a quelques années.
Petit à petit, avancer vers l’idéal d’une “ville sans voiture”, sur le modèle de Pontevedra en Espagne. Piétonniser des rues du centre-ville à partir d’un Pacte écologique Mobilité Transport (PEMT). Piétonnisation du boulevard des Lices le samedi après le marché, jusqu’à 19h.

À Pontevedra, Le transit en centre-ville a été maintenu, mais fortement restreint pour les véhicules motorisés, les places de stationnement supprimées au profit de parkings souterrains (payants). La vitesse est limitée à 20 km/h, et même à 10 km/h dans le centre historique (où seuls les véhicules des professionnels, des résidents et des personnes handicapées sont autorisés à circuler). [...] Mise en place d’immenses « parkings de dissuasion », entièrement gratuits pendant vingt-quatre heures.
Source : “« La Ville sans voiture » : « Envoyé spécial » à Pontevedra, la cité où le piéton est roi”, Le Monde, 17 juin 2021, https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/17/la-ville-sans-voiture-envoye-special-a-pontevedra-la-cite-ou-le-pieton-est-roi_6084586_3246.html

Axe 8 : Partager la ville avec ses habitant·es non humain·es

ÉTAT DES LIEUX :

Les animaux non-humains du territoire arlésien sont présents dans de multiples domaines d’activités. Leurs conditions matérielles d’existence sont très variées. Une grande partie d’entre eux sont des animaux élevés par les humains pour des usages variés : alimentation (viande, œufs, lait), divertissement (équitation, corrida, course camarguaise, chasse), habillement (laine), de compagnie.

Les espaces naturels au sein du territoire arlésien, avec la Camargue, sont particulièrement vastes et de nombreux animaux sauvages y vivent librement. Enfin, la commune compte, dans ses zones urbanisées, de nombreux animaux liminaires (pigeons, corneilles, rats, …) ainsi que des chats libres.

Les conditions de vie de ces différents animaux sont très variables, parfois au sein d’un même groupe (ex. animal de compagnie ou d’élevage bien ou mal traités). Une part importante de ces animaux subissent des conditions de vie imposées difficiles, parfois sources de souffrance importante : de manière chronique, habituelle (par exemple les animaux sauvages captifs dans les cirques) ou de manière ponctuelle, épisodique ou récurrente (par exemple les animaux catégorisés comme “nuisibles” chassés et tués).

Enfin, il y a le cas particulier des animaux domestiques abandonnés ou errants, qui parfois survivent mais dans des conditions particulièrement difficiles (maladies, blessures, malnutrition, …).

La gestion des animaux dangereux et errants relève de la responsabilité de la commune, qui est dans l’obligation de gérer les animaux errants, de disposer d’un service de fourrière, de communiquer sur ce service et de communiquer sur les intérêts de la stérilisation des animaux. À Arles, cette compétence est en grande partie déléguée aux associations l’École du chat et Les Chats’lins de Giraud (subventions annuelles respectivement de 1700 et 700 euros en 2024) qui s’occupent de la capture, de la stérilisation et de l’adoption ou de la remise en liberté des chats.

La Ville s’occupe aussi de la gestion des populations de liminaires (autrement dit les animaux ni sauvages ni domestiques qui se sont adaptés aux environnements urbains). Par exemple, pour la gestion de la population des pigeons, en 2024, la municipalité Carolis a fait appel à la société “Provence Effarouchement”, pour la somme de 18 000 euros.

La Ville participe plus largement via les subventions aux différentes associations en lien avec les animaux. Par exemple, en 2024, l’école taurine a bénéficié de 32 000 euros de la part de l’ACCM et 23 000 euros de la part de la Ville soit 55 000 euros en tout.

Nous ferons avancer l'éthique animale dans tous les domaines d'activité relevant de la commune. Nous ferons respecter la loi et nous serons une commune exemplaire, pour qu’humains et animaux partagent d’une manière plus équilibrée l’espace public !

MESURE 1 - Créer une délégation à la condition animale.

L’articulation d’un·e adjoint·e à la condition animale et du travail du Conseil citoyen de la bifurcation écologique permettra de réfléchir à la cause animale et à la cohabitation avec les animaux dans la ville. L’objectif est de devenir une commune exemplaire et plusieurs décisions peuvent être prises :
• choisir, pour les bâtiments publics, des produits d’entretien et hygiéniques non testés sur des animaux.
• augmenter les subventions aux associations s’occupant des animaux (stérilisation des chats).
• attribuer des subventions aux associations suivant des critères de respect de la condition animale.
• interdire ou limiter les divertissements impactant la faune sauvage (feux d’artifice par exemple).
• former la police municipale aux enjeux de protection et bien-être animal.
• autoriser l’accueil des animaux en Ehpad et dans les structures pour les personnes sans domicile fixe.
• aller vers une alimentation de plus en plus végétale dans la restauration collective (cantines scolaires), pour diminuer la consommation de produits issus de l’agro-industrie de la viande et du poisson, cause de souffrances multiples et de dégâts environnementaux majeurs.
• Lutter contre les abandons et promouvoir l’adoption responsable.
• participer à la promotion de l’éducation citoyenne et animale auprès des habitant·es, des scolaires et des agent·es de la commune.

MESURE 2 - Interdire les cirques avec des animaux sauvages.

Nous proposons, dès 2026, de ne plus autoriser les établissements itinérants incluant dans leurs spectacles des espèces animales non-domestiques, en attendant que les communes puissent les interdire tout court (loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale qui s’appliquera fin 2028).

Axe 9 : Bien nourrir les enfants, soutenir les agriculteur·ices

ÉTAT DES LIEUX :

À Arles, 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour beaucoup d'enfants, la cantine est le seul repas complet et équilibré de la journée.

Toutes les cartes sont disponibles pour faire au mieux. “À table” cuisine les repas pour les écoles, les centres de loisirs et centres sociaux, le restaurant municipal et universitaire, l’espace Chiavary, le portage à domicile, les foyers seniors et les crèches. Soit, en tout, environ 490 000 repas par an.

Améliorer la restauration collective municipale, c’est donc agir très directement et concrètement sur la santé de milliers de personnes, des tout petits aux personnes âgées.

Disons-le, les repas actuellement distribués sont très satisfaisants, en termes de coût, de qualité, de quantité. Nous saluons le travail des professionnel·les et l’engagement de l’actuelle mandature sur ces questions.

Mais on peut toujours faire mieux, pour aller vers plus de bio, de local, de végétal, etc. !

Nous proposons de gérer la restauration collective comme un bien commun afin de garantir une restauration collective saine, bio et plus végétale pour toustes les enfants, de protéger les plus précaires et de garantir l'avenir de notre agriculture locale.

MESURE 1 - Une tarification plus juste et une option végétarienne quotidienne.

L’objectif central est de lutter contre la précarité (25 % de la population arlésienne vit sous le seuil de pauvreté) : gratuité immédiate pour les familles les plus précaires (elles paient actuellement 20 cts le repas), renforcement de la progressivité tarifaire, baisse du tarif pour les catégories les plus pauvres, augmentation pour les plus riches (actuellement le ratio entre la différence de revenus et le tarif n’est que de 1 à 3, ce qui n’est pas assez équitable).
Passer à deux repas exclusivement végétariens par semaine et intégrer une option végétale à chaque repas comme impératif de santé publique, mesure environnementale et éthique. L'augmentation de la part végétale des protéines est meilleure pour la santé de toustes et c’est aussi une façon très efficace d'augmenter la qualité des denrées à coût constant. La diminution de la consommation de produits issus de l’agro-industrie de la viande et du poisson - cause de souffrances multiples et de dégâts environnementaux majeurs - est également un choix éthique et environnemental.
Plus généralement, suivre les recommandations du PNNS (Programme national nutrition santé) : aller vers plus de végétal, plus de légumineuses, des céréales complètes plutôt que raffinées, beaucoup moins de viande rouge, diminuer le sel, le sucre, les graisses. Éviter les produits ultra transformés et préférer le fait maison ainsi que le bio.
Mettre en place des outils de suivi : taux de choix, de gaspillage, enquêtes de goût.
Former des agent·es cuisiniers à l’alimentation végétale et en faire un critère de recrutement (favoriser les candidat·es sensibles ou formé·es à ces questions).
Intégrer les enfants dans la construction des menus et dans la découverte des aliments.
Envisager un·e médiateur·ice des cantines qui passe dans les écoles sur le temps périscolaire du midi pour présenter un aliment local, un fruit, un légume, un type de production agricole (miel, maraîchage, vergers etc), une pratique agricole (l’arrosage etc).

MESURE 2 - La Légumerie municipale pour soutenir les agriculteur·rices bios et locaux.

Créer un outil public de transformation (légumerie) pour acheter des produits bruts aux agriculteur·ices du pays d’Arles. Cela sécurise leurs débouchés via des zones agricoles protégées et des contrats de long terme.

MESURE 3 - Création d’une ferme municipale.

Comme déjà près de 100 communes ou collectivités en France, nous installerons une ferme municipale, qui repose sur trois piliers :
Une production 100% bio
Commencer avec du maraîchage sur un site urbain appartenant déjà à la mairie (comme le site des Minimes) et éventuellement, selon les opportunités foncières, s’étendre avec d’autres productions (céréales ou vergers en Camargue).
Un approvisionnement dédié à la restauration collective
Pour fournir la cuisine centrale qui alimente les crèches, les cantines scolaires, le restaurant universitaire et municipal, les centres sociaux et de loisir, le portage de repas à domicile…
Une gouvernance publique
Maîtrise du foncier, création d’une régie agricole et recrutement d’un maraîcher·e municipal·e (pour commencer). Gouvernance partagée qui implique la cuisine centrale, le personnel dans les écoles, les usager·es (notamment les élèves), des agriculteur·rices…

La ferme municipale de la commune de Mouans-Sartoux produit 25 tonnes de légumes par an qui servent à produire 1 200 repas par jour. [...] Cela demande de l’adaptation de la part de la cuisine pour cuisiner des légumes bruts et apprendre à cuisiner le même légume plusieurs fois dans la semaine si c’est le moment de la récolte. [...] C’est le travail collectif qui va permettre de construire la ferme ainsi qu’un travail transversal entre les différents services de la commune. La régie agricole est constituée de trois personnes mais les agents des espaces verts viennent en soutien en cas de besoin.
Source : “Les fermes municipales, un modèle pour répondre à l’approvisionnement des cantines ?”, Réseau partage, 19 novembre 2024, https://reseau-partaage.fr/les-fermes-municipales-un-modele-agricole/

Axe 10 : Garantir un droit à l’eau

ÉTAT DES LIEUX :

L’eau est un bien commun : une ressource naturelle, nécessaire à la vie et en particulier à la vie urbaine. La construction et l’entretien des infrastructures d’adduction et de traitement de l’eau, toujours coûteuses et jamais rentables, est une question politique au sens fort du terme : depuis l’Antiquité, on se demande qui doit gérer l’eau. À Arles, l’eau bue, d’excellente qualité, est captée dans la nappe phréatique de la Crau, traitée dans les deux stations de Saint Hippolyte et de Mas-Thibert (le Mazet) avant d’être distribuée sur le territoire communal. Depuis 2016, la gestion de cette eau est confiée, par délégation de service public (DSP), à la société SAUR, et ce à l’échelle de la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette. Disons-le : ce service est satisfaisant, par la qualité de l’eau distribuée, son coût, le taux de pertes, etc. Cependant, l’eau doit être un bien commun, gérée en commun par les communes : nous reposerons donc la question d’une régie publique de l’eau.

L’eau coûte cher : 2,13 euro le m³ à Arles. La consommation moyenne est d’environ 120m³ par abonné·e et par an, ce qui revient à un coût moyen de 255 euros annuels. Pour des ménages sous le seuil de pauvreté, très nombreux à Arles (25% des habitant·es !), c’est une facture terrible et redoutée. Réfléchir à une meilleure gestion de l’eau, c’est d’abord poser la question de son coût et donc s’engager pour la gratuité des premiers m³ et pour une tarification progressive et différenciée selon les usages et des critères sociaux.

L’eau est rare et précieuse. Entre les fortes chaleurs et la raréfaction des précipitations, le changement climatique impacte directement le niveau des nappes phréatiques. Face à l’appauvrissement des ressources en eau douce touchant tout le territoire, le président Macron a mis en place un Plan eau en mars 2023. L’objectif était de limiter les coupures d’eau potable et de réaliser des économies d’eau de 10 % d’ici 2030.

Le territoire arlésien est particulièrement concerné, car il oscille toujours entre trop d’eau - risque d’inondation - et pas assez d’eau - sécheresses, fragilité de la nappe phréatique de la Crau. Le réchauffement climatique, dont les effets sont déjà sensibles, ne va qu’aggraver les choses. En 2050 - autrement dit demain - Arles sera l’une des villes les plus arides de France : des milliers d’hectares deviendront impossibles à cultiver.

Ce n’est pas à l’échelle communale que l’on peut enrayer ces bouleversements. La prise en charge de leurs conséquences sera toutefois portée par les collectivités territoriales et intercommunales. Poser dès maintenant la question de la gestion de l’eau, de son accessibilité, de son coût est donc indispensable.

Sources

Tobias Boestad et Pauline Guéna, L'eau et les villes, PUF, 2025.

Le Plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau (mars 2023, mis à jour en avril 2025)

Margot Brunet, “Sécheresse : Arles, ville la plus aride de France à l'horizon 2050”, Marianne, 20 mai 2023

MESURE 1 - Gratuité des premiers m³ d’eau et tarification progressive.

Garantir la gratuité des premiers m³ indispensables à la vie.
Instaurer une tarification progressive selon les revenus et différenciée selon les usages (professionnels, domestiques, administratifs) et les mésusages (confort, luxe).

En mars 2024, la métropole de Lyon vote la gratuité de 12m³ d’eau essentielle à la vie accompagnée d’une tarification différenciée selon les usages, permettant de prendre conscience de sa rareté et de diminuer les factures des plus précaires. C’est donc une mesure à la fois écologique et sociale. Ce choix est le fruit d’un travail entre les élus, des militants associatifs et divers collectifs qui en font un exemple de construction démocratique.
Source : boîte à outils programmatique LFI, 2026

MESURE 2 - Récupérer les eaux de pluie.

Installer des récupérateurs des eaux de pluie pour le nettoyage des rues, l’arrosage des plantations municipales et des jardins collectifs, l’alimentation des toilettes des bâtiments publics, le lavage des véhicules municipaux, etc. Ces équipements peuvent être achetés avec d’autres communes pour bénéficier de tarifs réduits !

Le parc naturel régional de Millevaches en Limousin a organisé en 2023 une troisième campagne d’achat groupé de récupérateurs d’eaux pluviales. Après des cuves de 1 000 litres en 2022, le parc s’est proposé de recenser les besoins en citernes souples de 5 à 20 m3 destinées à la collecte de l’eau de pluie. Les éditions précédentes ont permis l’installation d’environ 300 dispositifs. Il faut dire que le prix obtenu grâce à cette initiative permettait de bénéficier d’une réduction comprise entre 30 % et 44 % par rapport aux tarifs affichés dans le commerce
Source : “L’eau de pluie au service des collectivités : une approche durable pour la gestion de l’eau”, La Gazette des Communes, 26 septembre 2023, https://www.lagazettedescommunes.com/888102/leau-de-pluie-au-service-des-collectivites-une-approche-durable-pour-la-gestion-de-leau/

C’est une mesure simple et écologique qui contribue à transformer la ville et à réduire la pression sur les eaux potables. On peut également s’en servir comme mesure de sensibilisation auprès des habitant·es, notamment des plus jeunes, pour leur apprendre combien il est important d’économiser l’eau.
Subventionner l’achat de récupérateurs d’eau de pluie pour les particuliers, en complément des subventions déjà versées par le Département (entre 25% et 50% en fonction du modèle).
Inscrire cette politique dans le cadre de la démarche DECLIC (Démarche expérimentale de coconstruction pour limiter les impacts du changement climatique sur le Pays d’Arles), animée par le CPIE Rhône-Pays d’Arles en collaboration avec un collectif d'acteurs du territoire.

MESURE 3 - Organiser un RIC sur la fin de la DSP de l’eau et le retour en régie publique.

La délégation de service publique de l’eau concédé à la société SAUR arrive à son terme en 2028. Il faut, sur le modèle de l’enquête publique sur le contournement autoroutier, laisser les citoyen·nes se saisir de ce débat et donner leur avis pour décider s’il faut prolonger cette DSP ou revenir à une régie publique de l’eau.

Nous proposerons donc l’organisation d’un RIC sur ce sujet, précédée par des formations citoyennes ouvertes à toustes afin d’informer et d’expliciter les enjeux.

Axe 11 : Nos emplois sont ici

ÉTAT DES LIEUX :

Le taux de chômage ne cesse d’augmenter à Arles et, avec 12,5% des 15-64 ans au chômage, il est plus élevé que la moyenne du département ou du pays. Les offres d’emploi diminuent sur la commune, notamment parce que des entreprises ferment en centre-ville. Dans ce contexte économiquement déprimé, il faut réaffirmer que l’emploi est un droit.

En parallèle, certain·es employeur·ses se plaignent de ne pas réussir à recruter et d’autres refusent de prendre des jeunes en stage et donc passent à côté des transmissions essentielles pour inspirer les nouvelles générations. Des centaines de jeunes arlésien·nes quittent la ville. Les inégalités socio-professionnelles se creusent dès l’enfance et il faut donc faire de l’insertion professionnelle des jeunes une priorité.

Enfin, les transformations actuelles du monde du travail touchent également notre territoire et ne vont cesser de s’amplifier. Plus que jamais, pour des raisons économiques autant qu’écologiques, il faut soutenir les métiers de demain, ceux dont nous aurons collectivement besoin pour faire face aux bouleversements climatiques et aux transformations socio-économiques.

Refusons le cliché selon lequel une liste de gauche serait “contre” l’économie, “contre” les entreprises, “contre” le patronat. Les entreprises sont de vrais leviers pour construire une société plus juste, par la défense de l’emploi, de la formation et de politique RSE ambitieuses. Les petit·es commerçant·es du centre-ville ont besoin d’être aidé·es et soutenu·es; nous avons proposé un ensemble de mesures très concrètes pour cela.

Contrairement à certains candidats, nous ne faisons pas de fausses promesses grandiloquentes. Face aux promesses illusoires de l’arrivée de grandes industries à hydrogène sur le bassin de Fos ou la construction de nouvelles zones artisanales ou commerciales sur le territoire arlésien, nous proposons une défense déterminée de l’emploi non délocalisable et pérenne sur le territoire. Rappelons qu’un emploi dans la grande distribution détruit trois emplois dans le petit commerce aujourd’hui et qu’il ne s’agit pas de faire miroiter des emplois qui en détruisent d’autres pour enrayer le chômage et la pauvreté à Arles. Le dynamisme économique passe avant tout par la construction d’une ville qui répond aux besoins de ses habitants·es à partir notamment de la richesse de son territoire.

Les mesures exposées ici ne se comprennent donc qu’en complémentarité avec toutes celles de notre programme. Revaloriser les services publics, protéger les personnes âgées, végétaliser les écoles, soutenir les associations : toutes ces mesures contribueront à faire d’Arles une commune attractive et productive.

MESURE 1 - Lutter contre le chômage.

Candidater au Territoire zéro chômeur de longue durée pour un quartier ou un hameau de la ville. L’expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) permet la mobilisation de personnes très éloignées de l’emploi, parfois non accompagnées, très souvent en perte de confiance quant à leurs capacités à retrouver un emploi. Elle s’accompagne de moyens, de ressources, d’actions ciblées de recrutement ou de formation.
Accompagner et aider les personnes sans emploi dans leur retour à l’emploi : étendre les horaires des services sociaux, ce qui passe par un soutien financier accru au CCAS.
Des nouvelles perspectives d’emploi dans des services publics : notre liste porte un engagement fort de revalorisation des services publics, avec un double objectif de recrutements multiples (agent·es des services municipaux notamment dans la culture et les services sociaux, création de deux nouvelles crèches municipales et d’une ferme municipale pendant la durée du mandat) et de déprécarisation des agent·es actuellement employé·es.

MESURE 2 - Sanctuariser les emplois non-délocalisables.

La tertiarisation de l’économie, encore accélérée par le recours croissant aux IA génératives, entraîne des disparitions d’emplois. Or ce sont précisément ces emplois qui seront plus nécessaires que jamais dans un futur proche, pour construire le lien social, pour prendre soin des écosystèmes.

Soutien aux agriculteur·rices, en particulier en agriculture biologique : proposer aux porteur·ses de projets agricoles des baux ruraux environnementaux signés pour plusieurs années reconductibles et qui précisent que les terres devront être cultivées en agriculture biologique et avec montant de loyer attractif/modéré, ou des baux à usage incluant terres, bâti agricole et habitat dans le cas de reprise de zones délaissées.

Proposer des services aux paysan·nes qui s’installent :
• location / mutualisation de matériel avec les services espaces verts (comme les tracteurs) ;
• aide aux investissements ;
• offre de débouchés de commandes (ex. pour la cantine et la restauration publique) ;
• mise à disposition des lieux de vente (magasin de producteur·rices, marchés, épiceries solidaires) ou de dépôts (AMAP, circuits courts, groupements de commande), des espaces de travail et de réunion partagés pour favoriser les coopérations entre producteur·ices paysan·nes plutôt que la concurrence.

Accompagner les acteur·rices œuvrant à valoriser la paille de riz pour son utilisation comme matériau d’isolation biosourcé afin d’éviter de la brûler. Accompagner cette filière et aider à déverrouiller les aspects réglementaires pour une généralisation de l’utilisation artisanale ou industrielle de ces matériaux.
Créer un institut des métiers de la main, avec proposition de stages découverte gratuits de différents métiers disponibles sur le territoire pour donner envie aux jeunes d’aller vers des formations professionnelles.
Accompagner l’installation et le développement de commerces responsables : le commerce en vrac, les logiques de circuits courts, la filière bio, l’artisanat local, les plateformes de réparation et les recycleries.
Développer l’écotourisme pour les hameaux : le riche patrimoine naturel de notre territoire est un trésor inexploité. Le parc ornithologique des Saintes-Maries-de-la-Mer accueille 300 000 visiteur·ses par an, et ce toute l’année (pas uniquement durant la saison estivale). Les marais du Vigueirat et les marais de Beauchamp peuvent ainsi être mis en valeur : gîtes, cartels explicatifs, postes d’observation ornithologique, etc. C’est également un moyen de créer de l’emploi pérenne.

MESURE 3 - Un stage de qualité pour tous les collégien·nes de l’agglomération.

Les inégalités socio-professionnelles commencent dès la 3ème avec la recherche d’un stage en entreprise (obligatoire pour les collégien·nes). Les élèves dotés d’un fort capital familial peuvent trouver des stages intéressants et valorisants, parfois hors de la commune, tandis que d’autres moins bien dotés ont des difficultés pour trouver un stage de qualité.

Sur le modèle de l’initiative “Degun sans stage” lancée avec succès à Marseille, la Mairie s’engagera pour offrir à toustes les collégien·nes un stage de qualité :

• la Mairie engage des démarches proactives en contactant, en début d’année scolaire, toutes les entreprises arlésiennes pour les inciter à accueillir des stagiaires.
• la Mairie recense l’ensemble des offres disponibles sur une page du site internet de la Ville et communique aux professeur·es des collèges toutes les informations.
• la Mairie valorise les stages effectués par les collégien·nes (article sur le site internet, page dans Arles Info, etc.)

Le Conseil municipal des jeunes jouera un rôle actif dans ce travail de recensement, de sensibilisation et de diffusion.

Le projet “Dégun sans stage“ a pour objectif général l’accompagnement de collégien·ne·s scolarisé·e·s à Marseille, dans des territoires relevant de la politique de la ville, pour la découverte du monde professionnel et la construction de leur parcours d’orientation.

Le projet ambitionne de donner à ces élèves une première approche stimulante du monde professionnel, en leur permettant de réaliser un stage de qualité en entreprise en classe de 3e.

Il vise à la fois à récolter des offres de stage pour ces jeunes auprès d’un large réseau d’entreprises et structures partenaires, à créer les conditions de réussite de ces stages, et à proposer d’autres actions complémentaires de découverte des métiers.

Pour les entreprises, ce temps représente un engagement concret en faveur de l’égalité des chances sur le territoire et l’occasion d’avoir un impact réel sur l’élève (savoir-être, curiosité…) et sur ses propres équipes.

Source https://www.centrale-mediterranee.fr/fr/transformations-responsables/le-labo-societal/degun-sans-stage

Axe 12 : L’agriculture bio et locale, tout le monde y gagne !

ÉTAT DES LIEUX :

Il est difficile d’obtenir des chiffres fiables pour la situation agricole d’Arles car les données disponibles sont calculées à l’échelle du département du 13 ou au mieux pour le Pays d’Arles.

Le territoire d’Arles accueille une agriculture diversifiée et majoritairement en polyculture : élevage (élevage ovin, bovin, équin extensif), céréales (riz, blé), vigne, maraichage.

Mais perte de terres et diminution de 22% des actifs agricoles de 1988 à 2010 : de 1522 à 1198 personnes.

Recours accentué à la main d'œuvre étrangère pour compléter ce déficit de main d'œuvre.

L’agriculture peut rendre des services agroenvironnementaux essentiels (élevage extensif qui entretient les écosystèmes, riziculture qui permet une circulation d’eau douce en Camargue) mais est aussi une cause de dégradation de l’environnement et de la biodiversité (pollution généralisée des eaux par la chimie, brûlage des pailles de riz et des déchets plastiques, etc.).

Peu de circuits courts ou de magasins de producteur·rices qui facilitent les débouchés économiques. Peu de producteur·rices locaux dans les marchés.

Précarité alimentaire grandissante : notamment dans les quartiers et en zones rurales (voir le rapport des Restos du Coeur sur le “non recours à l’aide alimentaire”).

Maladies grandissantes chez les agriculteur·rices et dans la population : augmentation des diabètes, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité,... particulièrement dans les quartiers populaires.

Aller vers une agriculture biologique, c’est prendre soin de toustes : les agriculteur·rices, les usager·es, les animaux, les écosystèmes.


Sources :

https://territoiresfertiles.fr/diagnostics/arles

https://mondiagartif.beta.gouv.fr/project/183935/tableau-de-bord/synthesis

https://pays-arles.org/wp-content/uploads/Diagnostic-Projet-Alimentaire-Territorial.pdf

https://www.secours-catholique.org/m-informer/publications/linjuste-prix-de-notre-alimentation

https://www.civam.org/municipales-2026-pour-un-acces-digne-a-lalimentation-durable-et-de-qualite-pour-toutes-et-tous/

MESURE 1 - Créer ou soutenir une “caisse alimentaire commune” inspirée de la Sécurité sociale de l'alimentation.

Soutenir les acteur·rices prêt·es à porter un projet de caisse alimentaire commune via des financements dans les Projets alimentaires territoriaux, les contrats locaux de santé (CLS), appels à projets Contrat de Ville et autres budgets pérennes, ou dans un budget participatif pour valoriser ces actions ; en leur mettant à disposition un local ou en proposant un loyer adapté.
Favoriser la synergie et la complémentarité entre ces différents types de projets, qui offrent des réponses différentes, selon la situation de précarité : mise à disposition d’équipements par des cuisines partagées, soutien à l’achat et autonomie par les groupements d’achats et épiceries en mixité, etc.
Soutenir les acteur·rices dans la recherche de financements complémentaires via différents dispositifs : fonds mieux manger pour toustes, fondation et fonds de dotation, subventions etc. Soutenir les acteur·rices dans la recherche de solutions logistiques (stockage, distribution).
Soutenir l’implication des services municipaux, des services sociaux présents sur le territoire et des associations pour proposer des activités complémentaires à ces initiatives qui visent à améliorer l’accès à l’alimentation (activités culturelles, santé, accès aux droits, découverte de lieux sur le territoire - jardins partagés ou tiers lieux, sessions d’informations, de sensibilisation et de mobilisation citoyenne, etc.).

MESURE 2 - Préserver les espaces agricoles et favoriser l’installation et la transmission des fermes : zéro artificialisation nette.

Inscrire le maintien de terres agricoles dans les documents d’urbanisme (Plan Local d’Urbanisme (PLU), PLUi), en mobilisant des outils de protection du foncier comme les Zones Agricoles Protégées (ZAP) ou des Périmètres de Protection des Espaces Agricoles et Naturels (PPAEN).
Reconvertir certaines zones destinées à l’urbanisation en zones agricoles ou naturelles.
Maintenir une veille pour identifier les terres agricoles disponibles ou prochainement cédées, en intégrant les différents acteurs et outils (vigifoncier, déclaration de cessations d’activité, etc.) autour d’observatoires fonciers. Favoriser le stockage foncier par la collectivité. L’achat temporaire de foncier par la collectivité avant d’être revendu à un nouveau porteur de projet permet de faciliter la transmission.
Accompagner les nouvelles formes collectives d’acquisition du foncier agricole (association foncière, Terre de Liens, etc.) et favoriser l’installation de jeunes agriculteur·rices : aides financières (ACJA, DNJA,...) à adosser à des aides techniques (PETR). Revoir les règles de distribution de l’eau au niveau des ASA (Assos qui gèrent l’eau au niveau des canaux) afin de ne pas se retrouver avec de jeunes agriculteur·rices sans eau.
Accueillir sur la commune les porteur·ses de projet et organismes de soutien à l’installation et à la transmission : assurer des permanences des services « point d’accueil installation », favoriser les pôles InPact qui regroupent les associations de développement agricole et rural, avoir des actions d’accueil et d’animation pour l’insertion des nouveaux paysan·nes installé·es, prendre en compte et aider leurs besoins sociaux (logement, éducation, etc.).
Nous nous opposerons fermement aux projets écocidaires et anachroniques comme le contournement autoroutier, le pont à Salin-de-Giraud, la ligne THT.

MESURE 3 - Favoriser des pratiques agricoles plus durables.

Proposer aux porteur·ses de projets agricoles des baux ruraux environnementaux signés pour plusieurs années reconductibles et qui précisent que les terres devront être cultivées en agriculture biologique et avec montant de loyer attractif/modéré, ou des baux à usage incluant terres, bâti agricole et habitat dans le cas de reprise de zones délaissées
Proposer des services aux paysan·nes qui s’installent : location / mutualisation de matériel avec les services espaces verts (comme les tracteurs), aide aux investissements, offre de débouchés de commandes (par exemple pour la cantine et la restauration publique), mise à disposition des lieux de vente (magasin de producteur·rices, marchés) ou de dépôts (AMAP, circuits courts, groupements de commande), des espaces de travail et de réunion partagés pour favoriser les coopérations entre producteurs et productrices paysans plutôt que la concurrence.
Accompagner les acteur·rices œuvrant à valoriser la paille de riz pour son utilisation comme matériau d’isolation biosourcé afin d’éviter de la brûler. Accompagner cette filière et aider à déverrouiller les aspects réglementaires pour une généralisation de l’utilisation artisanale ou industrielle de ces matériaux.

MESURE 4 - De la fourche à la fourchette : renforcer les liens entre consommateur·trices et producteur·trices .

Favoriser l’installation de lieux de consommation durable et solidaire, type épicerie vrac ou magasin de producteur·rices.
Favoriser l’identification des producteurs bio et locaux :
Création d’un label “bio de camargue” : les produits locaux labellisés, ou issus de la production locale sont perdus au milieu de tout un processus de distribution et souvent peu visibles. Si la maison du riz et les producteur·rices de vins ont souvent des boutiques, il faut trouver un endroit où mettre en valeur les produits vertueux que nous voulons porter. La tentative précédente de maisons des terroirs à gimeaux avait bien commencé sur une initiative privée puis s’était effondrée après avoir été reprise en main par l’agglo. Modèle économique total à construire. Emplacement etc.
Promouvoir les agriculteur·rices locaux qui vendent en circuit court dans les marchés (exemple du label “Ici C Local”).
Sensibiliser la population à l’agriculture : création de jardins partagés et actions d’éducation populaire dans les associations, écoles, EHPAD,...
Renforcer la lutte contre la précarité alimentaire en créant une instance de coordination des dispositifs d’aide alimentaire : mutualisation logistique, partage de fournisseurs, qualité de l’aide alimentaire, répartition géographique, publics cibles,...

Axe 13 : Défendre le petit commerce

ÉTAT DES LIEUX :

La multiplication des fermetures de commerces à Arles ne relève pas d’une simple mauvaise passe économique. Elle traduit une transformation profonde du centre-ville, où le commerce de proximité se trouve progressivement fragilisé par des dynamiques structurelles : pression immobilière, mutation touristique, concurrence numérique et politiques urbaines qui modifient les usages de la ville.
Avec un taux de vacance commerciale passé d’environ 6 % il y a dix ans à 14 % en 2025, le phénomène atteint désormais un seuil critique.

La rente immobilière contre l’activité commerciale
Le premier facteur est la hausse du coût des locaux commerciaux. Loyers élevés, droits au bail atteignant plusieurs dizaines de milliers d’euros et réévaluations après changement de propriétaires rendent l’équilibre économique extrêmement fragile. Le centre historique devient un espace de valorisation immobilière davantage qu’un lieu d’activité économique quotidienne. La logique de rente foncière prime sur la viabilité des commerces. Le petit commerce supporte des coûts alignés sur une ville touristique attractive, mais sans disposer d’une clientèle suffisante toute l’année.

Une économie urbaine devenue saisonnière
L’activité commerciale dépend de plus en plus des événements culturels et touristiques. Hors saison, la fréquentation chute fortement et certains commerçant·es ferment l’hiver. Cette évolution transforme le centre-ville en espace événementiel plutôt qu’en lieu de vie permanent. Or le commerce de proximité repose sur une clientèle régulière, locale et quotidienne (précisément celle qui disparaît progressivement).

Le stationnement payant : un facteur décisif de décrochage commercial
La question du stationnement apparaît comme un élément central du diagnostic. Les commerçant·es dénoncent à la fois le coût élevé du parking, le manque de places disponibles et l’effet dissuasif pour la clientèle locale (de la commune d’Arles dans son ensemble comme des communes avoisinantes).
Dans une ville moyenne comme Arles, où l’accès automobile reste déterminant pour les habitants des quartiers et des communes alentour, le stationnement n’est pas un détail mais une condition d’accès au commerce.
Lorsque venir en centre-ville implique de payer plusieurs euros de l’heure, une partie des consommateur·rices se détourne mécaniquement vers les zones commerciales périphériques gratuites ou vers l’achat en ligne.
Dans ce contexte, le stationnement payant agit comme un accélérateur d’un phénomène plus large : la déconnexion progressive entre le centre-ville et ses propres habitants.

La concurrence asymétrique du commerce en ligne
Selon les commerçant·es, plus de la moitié des achats de Noël se réalisent désormais sur internet. Le petit commerce affronte une concurrence mondiale qui ne supporte ni loyers urbains élevés, ni contraintes d’accessibilité, ni fiscalité locale équivalente. Cette asymétrie structurelle place les commerces indépendants dans une compétition impossible à soutenir.
Une crise révélatrice d’un modèle urbain
Ce qui se passe aujourd’hui à Arles dépasse largement la fermeture de quelques boutiques. Ce n’est pas seulement une crise commerciale : c’est le résultat d’un modèle de développement urbain qui privilégie la valorisation économique de la ville plutôt que la vie quotidienne de celles et ceux qui y habitent, y travaillent et sont relégué·es aux périphéries par le développement des meublés touristiques et l’augmentation des loyers.

MESURE 1 - Un stationnement gratuit 3h par jour toute l’année.

Une heure de stationnement gratuit par jour et par véhicule
• Mise en place d’une heure gratuite quotidienne, valable toute l’année sur les places de stationnement payant.
• Exception : les places situées à l’intérieur du centre ancien derrière les bornes d’accès, qui restent réservées aux habitant·es et commerçant·es disposant d’un droit de passage afin de préserver la tranquillité et la capacité de parking des résident·es dans la situation de saturation actuelle et d’organisation de la commune autour du transport en voiture (95% des déplacements).
Cette mesure redonne au centre-ville sa fonction première : un lieu de vie accessible, pas uniquement une destination occasionnelle.
Un créneau gratuit 12h-14h pour soutenir la restauration et l’activité de journée
• Gratuité totale du stationnement entre 12h et 14h sur les zones concernées, valable toute l’année, sur les places de stationnement payant.
Cette mesure permettra de soutenir directement les restaurateur·rices et l’activité économique de midi, essentielle à l’équilibre des commerces. Venir manger en ville doit redevenir un réflexe simple, pas un calcul de parcmètre.
Gratuité des parkings relais proches du centre-ville
Mise en gratuité permanente des parkings relais aujourd’hui largement sous-utilisés, comme le parking relais Chabourlet (Sortie 5 RN 113).
Une baisse du forfait post-stationnement pour une politique plus juste
Aujourd’hui, le forfait post-stationnement est devenu un nouvel impôt indirect. Nous proposons le passage du forfait de 40 € à 25 €, aligné sur des villes comparables comme Martigues.

MESURE 2 - Création d’une Maison du petit commerce.

Pour soutenir durablement les commerçant·es, nous proposons la création d’une Maison du Petit Commerce, un guichet unique municipal dédié à l’installation et à la consolidation des commerces indépendants, en centre ville d’Arles et dans les villages de la commune.
Aide à l’installation
Mise en place d’un fonds municipal permettant une prise en charge partielle des loyers pendant 12 à 24 mois pour les nouveaux commerces utiles à la vie locale. L’objectif est de réduire le risque des premières années et réactiver les locaux vacants.
Régulation des commerces éphémères
Encadrer les implantations temporaires afin d’éviter la concurrence déloyale et privilégier des projets durables, garants de stabilité pour le centre-ville.
Accompagnement expert
Création d’un pôle d’appui administratif, juridique et logistique :
• aide sur les baux commerciaux
• accompagnement dans les démarches
• conseil en gestion
• soutien à l’approvisionnement local
Observatoire du commerce
Suivi régulier de la vacance commerciale, des loyers et de la diversité des activités pour adapter les politiques publiques.

MESURE 3 - Plan anti-saisonnalité : l’hiver doit faire vivre les commerces.

L’une des fragilités majeures du commerce arlésien est la saisonnalité.
L’hiver concentre les fermetures temporaires, la baisse de fréquentation et le décrochage du chiffre d’affaires. Le centre-ville d’Arles ne peut pas fonctionner six à neuf mois par an.
Plutôt que de subir cette période, nous proposons d’en faire un temps fort structurant de la vie locale, en soutenant l’activité commerciale par une programmation hivernale décentralisée, populaire et participative. Nous créerons un Plan hivernal 100 % petit commerce, co-construit avec le GACA (Groupement des Associations de Commerçants d’Arles), pour injecter directement de l’activité économique dans les rues quand elles se vident.
Concrètement :
• Une enveloppe annuelle par quartier commerçant.
• Des opérations commerciales coordonnées.
• Des animations ponctuelles.
• Des indicateurs obligatoires : fréquentation, taux d’ouverture, vacance commerciale.

Axe 14 : Lutter contre la pauvreté et la précarité

ÉTAT DES LIEUX :

En France, le taux de pauvreté est passé de 9,1% à 14,4% entre 2004 et 2022. À Arles, le taux de pauvreté atteint 25%, autrement dit près de 13 000 personnes. Dans les quartiers prioritaires de la ville, la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

À Arles, une vingtaine de personnes dorment dans la rue et une cinquantaine fréquentent régulièrement l’accueil de jour du CCAS.

Éradiquer la grande pauvreté n’est pas compliqué. Contrairement à de vieux clichés qui participent des rapports de domination de classe, les pauvres n’ont pas besoin “d’aide”, ni qu’on leur apprenne à gérer leur argent ou qu’on surveille leurs dépenses : ils ont besoin d’argent, tout simplement.

En outre, si les arguments moraux et humanitaires ne suffisent pas à convaincre, une étude récente rappelle que lutter contre la pauvreté est toujours économiquement rentable. D’une part, la pauvreté génère des coûts indirects importants - les personnes pauvres sont plus souvent malades par exemple. D’autre part, lutter contre la pauvreté par de nouvelles dépenses génère de manière automatique plus de recettes publiques, notamment au travers de la TVA mais aussi des cotisations sociales et patronales liées aux retours à l’emploi. Cette étude récente rappelle ainsi que 1 euro investi pour éradiquer la pauvreté équivaut sur 10 ans à 1 euro économisé. Pour le dire simplement, combattre la pauvreté ne coûte rien, à part la volonté de s’attaquer à ce fléau social.

Bien sûr, une Mairie n’a pas les moyens qu’a l’État et ne doit pas non plus se substituer à la puissance publique. Mais de nombreux leviers d’action peuvent et doivent être actionnés. Pour nous, un objectif clair : soutenir financièrement, accompagner, protéger les plus vulnérables.

Un enjeu important est d’accompagner les personnes vers la sortie de l’urgence. Les mesures annoncées dans le reste de notre programme, en termes d’accès au logement digne, de justice sociale, d’accès aux services publics et aux soins s’inscrivent dans cette perspective.


Sources

Denis Colombi, Où va l’argent des pauvres ? Fantasmes politiques, réalités sociologiques, Paris, Payot, 2020.

Collectif Alerte, La lutte contre la pauvreté : Un investissement social payant !
https://www.alerte-exclusions.fr/fr/nos-actions/communiques-de-presse/la-lutte-contre-la-pauvrete-un-investissement-social-payant

MESURE 1 - Lutter contre le non-recours aux droits.

Le non-recours aux droits et aux prestations sociales est un phénomène massif en France, qui touche en particulier les populations les plus défavorisées et participe donc de l’accroissement des inégalités sociales et économiques. La complexité des démarches administratives, la fracture numérique, la méconnaissance des dispositifs sont autant de raisons qui poussent des milliers de personnes à ne pas demander leurs droits ou à ne pas aller au bout des démarches.
Aider toustes les Arlésien·ne à obtenir ce à quoi iels ont droit, c’est améliorer concrètement leur qualité de vie, ce qui aura également des effets positifs sur l’économie locale.
Nous proposons :
D’engager les démarches pour que les quartiers prioritaires de la ville soient reconnus comme “Territoires zéro non-recours” (TZNR)
Il s’agit d’une expérimentation lancée à l’été 2025 qui permet d’obtenir des subventions extraordinaires de l’État en échange d’un cofinancement de 20% par les collectivités locales. Les équipes TZNR proposent des dispositifs (panneaux explicatifs, guides, etc) et des formations destinées aux agent·s de la commune et aux membres des associations.
De s’appuyer sur le CCAS
Créer un site internet dédié et une page dans Arles info, étendre les horaires d’ouverture de la permanence pour pouvoir recevoir au fil de l’eau et pas seulement sur rendez-vous, réinstaller l’accueil de jour du CCAS en plein centre-ville, prévoir des permanences dans les quartiers et les hameaux.
D’engager des démarches proactives
Ne pas attendre que des personnes viennent demander à quoi elles ont droit, mais aller vers elles, dans une double démarche d’accompagnement administratif-juridique et d’éducation populaire.
S’appuyer sur le Registre Prévention Isolement et sur les associations et collectifs de terrain pour identifier les personnes les plus vulnérables.
Proposer systématiquement à tout·e nouveau·lle arrivant·e sur la commune une simulation sur “mesaides.gouv” et, si besoin, un accompagnement technique et administratif.

MESURE 2 - S’appuyer sur un tissu associatif revalorisé et reconsidéré.

Le tissu associatif arlésien est plein de ressources. Des centaines de bénévoles, d'association et de membres de collectifs s'engagent quotidiennement pour pallier les manques de l'État et de la municipalité : aide alimentaire, distribution de vêtements, soutien psychologique, cours de français, etc.
Ces associations doivent d’abord être mieux soutenues financièrement.
Elles doivent également être considérées comme des partenaires de l’action publique, tout en conservant leur pleine indépendance d’action. Les responsables de ces associations seront donc régulièrement sollicité·es tant par le Conseil municipal que par l’Assemblée citoyenne et populaire, pour leur expertise, leur connaissance des terrains, leur proximité avec les habitant·es.
Un événement annuel organisé par la mairie, type Forum du bénévolat, permettra de réunir ces acteur·ices, de leur témoigner la reconnaissance officielle de la Ville et de communiquer sur les actions qu’ielles mènent au quotidien.

MESURE 3 - Développer des solutions d’hébergement d'urgence.

On se rappelle de la promesse d’Emmanuel Macron : “Plus personne dans la rue d’ici fin 2017 !”. Presque dix ans plus tard, ce sont 350 000 personnes qui vivent à la rue en France, dont des milliers d’enfants. Il est inacceptable que des personnes dorment dehors, en particulier dans une ville dans laquelle des milliers de logements sont vides sauf quelques semaines par an.

Pour mettre fin à cette injustice révoltante, nous prendrons trois mesures fortes

Ouverture d’hébergements d’urgence municipaux
Comme des gymnases ou des écoles, en particulier en période de grand froid. Personne ne doit mourir de froid dans nos rues. Si nécessaire, la mairie se réserve le droit de réquisitionner des logements vacants pour loger des personnes vulnérables, notamment des familles ou des personnes fuyant des violences intrafamiliales ou conjugales.

Création d’une plateforme des solidarités
Un moyen simple permettant à chaque personne de trouver comment s’engager selon ses moyens, notamment en prêtant une chambre ou un logement vacant pour quelques nuits, avec garantie financière et juridique de la Ville.

À Tours, un guichet unique pour passer à l’action : sur le site tours.fr, chacun — particulier, propriétaire, chef d’entreprise — pourra, à partir du 4 novembre, trouver comment s’engager selon ses moyens : mettre à disposition une chambre, un logement vacant, un bureau inutilisé la nuit ou faire un don matériel ou financier… ou simplement offrir un peu de temps.
Source : https://services.tours.fr/plus-personne-a-la-rue/


Recensement des personnes sans domicile fixe et proposition de solution adaptée
Notamment lors de maraudes nocturnes organisées conjointement par des agent·es de la Ville, des citoyen·nes volontaires et des membres d’associations ayant l’expertise du terrain. Ces “Nuits de la solidarité”’ se multiplient dans les villes françaises (Paris, Grenoble, Rennes, Metz…) et permettent d’identifier des dizaines de personnes que l’on peut aider.

“Les Nuits de la solidarité, nouvel outil de lutte contre le sans-abrisme”, La Croix, février 2019

Axe 15 : Mettre en commun, pour la commune

ÉTAT DES LIEUX :

Il fut un temps où Arles était une ville dont la culture du logiciel libre était très présente dans les différents services.
Seule ville de France à avoir obtenu 5 étoiles aux « Territoires numériques libres » en 2020, l’ancienne équipe de la DSI a développé des outils libres de gestion d’une mairie (openCimetière, openElec, openScrutin…). Ils ont été réutilisés partout en France mais aussi en Angleterre et en Espagne.

Patrick de Carolis a éteint ce rayonnement dès son arrivée en imposant l’utilisation de la suite Microsoft Office à tous les agents de la ville et aux institutions qui utilisent les systèmes informatiques de la ville (ACCM, PETR, SYMADREM,…).
C'est un immense gâchis, mais heureusement, il est assez aisé de rétablir la situation.

Faire appel à des cabinets de conseil privés s'est imposé un peu partout, du plus haut niveau de l'État à l'échelle des communes. Ces organismes privés absorbent des sommes importantes: un·e consultant·e en communication est, par exemple, payé·e environ 600 euros par jour ! Le tout en produisant des résultats souvent peu pertinents ou peu utilisés.

À Arles, la mairie actuelle a dépensé plus d'1 million d'euros en 6 ans dans la sollicitation d’organes privés. Pourtant, ces compétences existent parmi les agent·es de la fonction publique et, lorsque ce n'est pas le cas, c’est précisément l'occasion de les faire monter en compétences via des formations internes.
On peut également développer l'emploi scientifique (thèses CIFRE, contrats de volontariat territorial en administration, etc.) en faisant appel aux expertises publiques mises à disposition des collectivités (CEREMA, ONF, ADEME, CSTB).
Du reste, le recours croissant à ces structures privées a été épinglé par la Cour des Comptes en juin 2025 ! Tout pousse donc à se passer le plus possible de ces structures.

En termes de fonds publics engagés vers le privé, on peut par exemple citer l'étude sur l'attractivité des monuments d'Arles qui a coûté 50 000 €. Elle fut commandée par la municipalité à un bureau d'études dirigé par Bruno Henri-Rousseau, connaissance de Patrick de Carolis, dont la gestion de la villa Ephrussi de Rotschild a été épinglée par cette même Cour des Comptes.

Redonner plus de poids et de compétences aux acteurs publics, éviter de systématiquement recourir à des acteurs privés qui ne servent pas l'intérêt général contribue également au bien-être au travail des agent·es de la fonction publique qui trouvent ainsi plus de sens à leur métier.

Parce que les enjeux du numérique concernent chacun·e, nous défendrons une politique ambitieuse en faveur des logiciels libres, de l’open data et de la protection des données, en sensibilisant à la fois les citoyen.nes et les professionnel.les de la fonction publique.

Le commun, c’est l’affaire de toutes et tous : plus juste, plus efficace et plus économique, il profite à l’ensemble de la société. Investir dans les services publics, c’est investir dans notre avenir commun.

MESURE 1 - Revenir à des outils libres et les promouvoir à la DSI (direction des systèmes d'information).

• Se libérer de la suite Microsoft Office et revenir à Zimbra et LibreOffice ;
• Utiliser Linux sur les ordinateurs et les serveurs de la Ville (donc également dans les écoles) ;
• Utiliser, développer et promouvoir les logiciels openMairie ;
• Formation continue et accompagnement des agent·es ;
• Médiation et formation auprès des scolaires.

Gain de compétences, souveraineté numérique, économies massives et immédiates de dizaines de milliers d’euros par an, respect du droit européen : le choix des outils numériques libres s’impose !

MESURE 2 - Encourager l'utilisation des transports en commun par la mise en place d’une tarification plus juste.

• Gratuité pour les plus de 65 ans, les étudiant·es faisant leurs études sur Arles et les personnes à mobilité réduite.
• Un Pass “Bienvenue au collège” pour tous les élèves de 6ème à 40 euros par an + gratuité des transports en commun pour les deux premières semaines de septembre pour les parents dont l’enfant entre en 6ème (valable également pour des arrivées en cours d’année scolaire).
• Gratuité pour les familles nombreuses à partir du 3ème enfant inscrit.
• Maintien d’une tarification solidaire.
Nous conservons et renforçons les mesures existantes :
• Tarif solidaire pour demandeur·ses d’emploi, bénéficiaires RSA.
• En partenariat avec le CCAS, des Pass transport limités et ciblés seront distribués de manière confidentielle. Une aide pour les familles les plus fragiles (violences, isolement, précarité, primo-arrivant·es, etc.)

MESURE 3 - Arrêter de recourir à des cabinets de conseil privés.

Réaliser les études nécessaires avec les agent·es communaux autant que possible (avec possibilité de mise en place de formations) et recourir à des organismes publics.
Cela permet d’économiser des dizaines de milliers d’euros par an !

Axe 16 : Pour des agent·es publics, formés, reconnus, protégés et bien rémunérés

ÉTAT DES LIEUX :

La fonction publique territoriale, en général et notamment à Arles, est caractérisée par une contractualisation excessive où 10 à 20 % des agent·es sont contractuel·les sur des postes de fait pérennes, ce qui fragilise les équipes, et les soumet à une précarité structurelle qui affecte aujourd’hui le fonctionnement des services, qui ont été maintes fois restructurés et connaissent un turnover important.

La précarité est accrue dans les métiers périscolaires, de l’animation et de l’entretien, travail fait majoritairement par des femmes, et où l’on constate un recours abusif aux vacataires parfois détourné·es pour des fonctions permanentes, par la multiplication de métiers pénibles (ATSEM, éboueur·euses, agent·es d’entretien, égoutier·ères) entraînant usure physique et reclassements insuffisants.

De plus en plus, il est constaté une sous-traitance généralisée dans des secteurs comme le nettoyage et le gardiennage, ce qui dégrade les conditions de travail et les salaires, sans compter le manque de reconnaissance ressenti par les agent·es, qui se traduit par peu de perspectives d’évolution de carrière et une faible participation à la vie des services.

Nous proposons un plan pluriannuel de déprécarisation articulé autour de la titularisation ciblée des agent·es occupant des postes pérennes, de la suppression du temps partiel subi dans les métiers du quotidien, de la reconnaissance de la pénibilité par une réduction du temps de travail à 32 heures pour les postes les plus exposés, et d’un vaste programme de reconversion, de formation et de participation (conseils de service, clauses sociales dans les marchés publics) afin d’assurer des parcours sécurisés, des conditions de travail dignes et une revalorisation concrète du travail public.

Ces mesures permettront aux agents de retrouver du sens et l’envie de participer à un service public plus proche des habitant·es et travaillant avec eux en toute transparence.

MESURE 1 - Plan de déprécarisation : titularisation et fin du temps partiel contraint.

Afin de garantir la stabilité des services municipaux et de reconnaître pleinement l’engagement des agent·es qui occupent des postes pérennes, nous mettrons en œuvre un plan pluriannuel de titularisation combinant un audit RH exhaustif en début de mandat, des négociations formelles avec les organisations syndicales pour définir des critères transparents de titularisation, une refonte des cycles de travail visant à regrouper les tâches pour permettre l’accès à des temps complets, et une réinternalisation progressive des missions aujourd’hui sous-traitées (ménage, gardiennage, restauration), le tout accompagné d’un dispositif de formation et de reconversion pour sécuriser les parcours professionnels et limiter le recours aux vacataires à hauteur de 50 % sur le mandat.

MESURE 2 - Temps de travail adapté à la pénibilité et revalorisation de l’IFSE.

Réduction du temps de travail à 32 heures pour les métiers pénibles. Pour reconnaître la pénibilité des métiers exposés à l’usure physique et aux horaires décalés, nous identifierons précisément les postes concernés (ATSEM, éboueur·euses, agent·es d’entretien, égoutiers, auxiliaires de puériculture, agent·es de nuit), nous négocierons avec les syndicats une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire.
Nous réorganiserons les plannings et les équipes pour maintenir la continuité du service, et nous mettrons en place des compensations salariales par le RIFSEEP (IFSE et CIA dont la 2e phase n’a pas été mise en place par la mandature actuelle) et des investissements en matériel ergonomique afin d’assurer la sécurité et la dignité au travail.

MESURE 3 - Reconversion, participation et dignité au travail.

Afin de prévenir les inaptitudes, de favoriser les reconversions et d’associer durablement les agent·es à l’organisation des services, nous lancerons, dès l’entrée dans la fonction publique, un plan de formation systématique.

Nous déploierons des dispositifs de reconversion anticipée (concours internes, formations qualifiantes), nous créerons des conseils de service participatifs pour associer les agent·es aux décisions locales, et nous imposerons une clause sociale dans tous les marchés publics afin d’assurer des conditions de travail et de rémunération équivalentes pour les salarié·es des prestataires.

Axe 17 : Mettre fin aux logements indignes

ÉTAT DES LIEUX :

Fuites d’eau, moisissures, rats, factures d’électricité qui explosent, etc… Dans nos quartiers et villages, des centaines de logements indignes rendent la vie de locataires insupportable au quotidien.

Des quartiers délaissés d’Arles jusqu’à Salin-de-Giraud, les situations de mal logement se multiplient.
Parmi les 12 bailleurs sociaux de la commune d’Arles, plusieurs sont quotidiennement alertés sur des situations indignes, sans réagir pour y mettre fin.

Certains propriétaires modestes font face à des difficultés majeures pour mener à bien la rénovation indispensable des logements vétustes. De nombreuses personnes âgées vivent dans des logements qu’elles ne sont plus en capacité d’entretenir et qui ne sont plus adaptés à leur état de santé.

D’autres, multipropriétaires arlésiens, avec le relai d’agences immobilières, exploitent une situation de pénurie de logements à louer. Ils obligent les Arlésien·nes à vivre dans des logements aux loyers exorbitants, parfois sans entretien ou travaux de rénovation nécessaires à une vie décente.

Par son inaction, la mairie de Carolis a accentué la précarité matérielle de ces habitant·es, les laissant dans le désarroi total, face à des bailleurs sociaux et propriétaires sourds à leurs appels à l’aide.

Dans le quartier du Trébon par exemple, sur les 500 logements gérés par 13 Habitat, plus d’un quart sont fermés pour cause de délabrement avancé. Il y a 3 ans, le Maire, M. de Carolis; s’est vanté, à grand renfort de communication, d’avoir obtenu de 13 Habitat et sa présidente Mme Preziosi une rénovation du parc de logements d’ici 2027 pour le Trébon.

Mais la réalité des habitant·es est tout autre : ce n’est pas la rénovation de leurs appartements qui fut annoncée mais un report des travaux pour 2030 ! Mme Preziosi, qui rappelons-le, vient d’être écartée de la présidence après avoir attribué 4 logements sociaux entièrement rénovés (40 000€ par appartement) à des membres de sa famille.

Avec nous, les habitant·es n’attendront pas 2030 et tout sera mis en œuvre légalement pour obtenir réparation, réduction ou suspension des loyers.
Source :
https://arles.fr/actualites/communique-un-plan-de-renovation-du-trebon/
https://www.laprovence.com/article/region/43518060542452/info-la-provence-conflits-dinterets-marches-publics-confies-a-des-proches-le-rapport-qui-accable-13-habitat-premier-bailleur-social-des-bouches-du-rhone

MESURE 1 - Création d’un pôle de lutte contre l’habitat indigne.

Au sein d’une maison des services (sur le modèle de la commune de Miramas) qui regroupe Emploi, Logement, Accès au droit, Service social, Permanences de services extérieurs et Lutte contre les discriminations, le pôle de lutte contre l’habitat indigne aura pour fonction de lier les agent·es et compétences entièrement dédiées à répondre de manière concrète à ces problématiques.
En détail :
• Doublement du service Hygiène de la ville (recrutement de 2 agent·es dédié·es).
• Renforcement du rôle des associations de protection des locataires.
• Labellisation CCAPEX (Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions) à Arles : outil de lutte contre les expulsions locatives.
• Service d’accès aux droits pour lutter contre le non-recours.
• Favoriser l’auto-réhabilitation par des chantiers d’insertion et des formations professionnelles.

MESURE 2 - Permis de louer généralisé.

Le Permis de louer a été créé en 2014 pour lutter contre les locations indécentes et les marchands de sommeil dans le parc privé. Il s’agit d’une autorisation préalable à la mise en location que le propriétaire doit fournir. Il a été mis en place par le maire d’Arles uniquement depuis juin 2025 sur une zone réduite dans le centre-ville d’Arles avec le dévouement de 2 agent·es aux contrôles des logements mis à la location longue durée.
En détail, la mesure se constitue de:
• Diagnostic visant à repérer les logements indécents sur la totalité de la commune ;
• Généralisation du permis de louer aux zones identifiées avec des moyens humains en conséquence ;
• Programme d’aide à la rénovation avec convention de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) conditionné au plafonnement des loyers.

https://www.miramas.fr/sites/default/files/2023-09/Plaquettemd.pdf

Axe 18 : Rendre Arles à ses habitant·es

ÉTAT DES LIEUX :

« Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer »

Ce slogan affiché sur les murs de la ville à l’été 2025 pendant le festival de la photo résume une réalité vécue chaque jour par de très nombreux Arlésien·nes.

Depuis plusieurs années, la ville d’Arles est livrée à la spéculation immobilière et touristique, au détriment de celles et ceux qui y vivent, y travaillent et y élèvent leurs enfants. Le logement, droit fondamental, y est devenu un produit financier.

La mise en tourisme massive du centre-ville, accélérée par les plateformes de location de courte durée type Airbnb, déséquilibre le marché du logement. Des quartiers entiers sont progressivement vidés de leurs habitant·es, remplacés par des logements saisonniers occupés quelques semaines par an.
À Arles, des milliers de logements sont aujourd’hui dédiés à la location touristique, souvent concentrés sur les petites surfaces (T1, T2), précisément celles dont dépendent les jeunes, les familles modestes, les salarié·es et les étudiant·es.

Chaque logement transformé en Airbnb est un logement de moins pour vivre à l’année !

Cette captation du parc immobilier alimente une pénurie artificielle de logements en location longue durée. Résultat : les loyers explosent, les exigences des propriétaires augmentent, et les Arlésien·nes sont contraint·es d’accepter l’inacceptable : loyers abusifs, bails imposés de septembre à juin, logements trop petits, insalubres ou mal isolés.

En 5 ans, les prix du foncier ont augmenté de plus de 25 %, mais pas nos revenus !
Cette hausse n’est pas le fruit du hasard : elle est directement liée à la rentabilité bien supérieure des locations touristiques par rapport au logement résidentiel.

Pendant que des milliers de personnes cherchent désespérément un logement, des centaines de logements restent vacants, parfois volontairement, dans l’attente d’une plus-value future.
Sur les 29 000 logements que compte la commune d’Arles, 3000 sont vacants.
À cela s’ajoute la multiplication des résidences secondaires, occupées quelques semaines par an, mais qui retirent durablement des logements du parc accessible.
Cette situation n’est pas une fatalité : c’est le résultat de choix politiques, ou plutôt de leur absence.

Face à cette crise, la mairie de Patrick de Carolis a choisi l’inaction :
Aucune régulation sérieuse des locations saisonnières. La seule majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires est impuissante à réduire la mise sur le marché de nouveaux meublés touristiques.
Aucun encadrement efficace de la spéculation immobilière.
Aucune stratégie ambitieuse pour remettre les logements vacants sur le marché ou protéger les locataires.

En laissant faire, la municipalité organise la dépossession progressive des habitant·es de leur propre ville. Arles devient une ville-décor, rentable pour quelques investisseurs, invivable pour celles et ceux qui y vivent à l’année.

MESURE 1 - Stopper l’hémorragie Airbnb.

Objectifs :
• Compensation (bloquer le futur)
• Contrôles et sanctions (assécher l’illégal)
• Limitation ou réexamen des autorisations existantes (agir sur le stock)

Dans les secteurs de la ville d’Arles identifiés comme quartiers saturés par les locations touristiques (zones tendues, centre historique, abords des monuments et secteurs à forte attractivité), toute transformation à titre permanent d’une résidence secondaire ou d’un logement d’habitation en meublé de tourisme destiné à des locations de courte durée est subordonnée à une obligation de compensation.
Cette compensation consiste à produire ou remettre sur le marché un logement d’une surface habitable au moins équivalente, situé dans la même commune, destiné à la location à l’année, et réalisé avant toute mise en location touristique du bien initial.
En clair : dans les zones concernées, un·e propriétaire ne pourra pas exploiter un logement en location touristique de courte durée (type Airbnb) s’iel ne crée pas ou ne remet pas sur le marché un logement équivalent destiné à l’habitation permanente.
Depuis mars 2023, 24 communes en zone tendue appartenant à la Communauté d’agglomération du Pays Basque appliquent un régime de compensation renforcé :
• Toute transformation en meublé touristique est soumise à compensation.
• Compensation à 100 % de la surface transformée.
• Dans les zones les plus tendues (Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz), la compensation peut être orientée vers du logement social ou intermédiaire.
Ce dispositif a permis de freiner fortement la transformation de logements en meublés touristiques et de stabiliser le parc locatif à l’année.
La Ville mettra en place un service de contrôle renforcé des locations touristiques, fondé sur :
• l’obligation de déclaration et d’enregistrement,
• l’exploitation des données transmises par les plateformes,
• des contrôles sur site.
En cas de non-respect de l’obligation de compensation ou de fraude (fausses déclarations, absence d’autorisation, location illégale), des sanctions financières significatives seront appliquées, proportionnelles à la surface non compensée et à la durée d’exploitation illégale.
Une partie des amendes sera affectée au financement de logements sociaux ou intermédiaires et au développement d’outils publics de remise sur le marché de logements vacants.

Dans les zones tendues d’Arles, la conclusion répétée de baux meublés de courte durée — notamment baux étudiants (septembre à juin) ou baux mobilité — suivie d’une mise en location touristique durant l’été sera considérée comme un contournement du principe de compensation.
Tout logement loué moins de 12 mois par an pendant deux années consécutives et exploité en location touristique sur les périodes restantes sera présumé relever d’un usage touristique permanent et devra faire l’objet d’une autorisation de changement d’usage assortie d’une compensation.
Les propriétaires devront pouvoir justifier de la réalité de l’occupation (statut d’étudiant·e ou de salarié·e en mobilité, absence de mise en location touristique sur l’année concernée). La commune instaurera un registre déclaratif obligatoire et un dispositif de contrôle croisant déclarations, enregistrements et données des plateformes, avec sanctions financières en cas de fraude ou de requalification.

https://www.facebook.com/Alda.eus/videos/-𝗔𝗹𝗱𝗮-𝗲𝘁-𝗹𝗲-𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹𝗲̀𝗺𝗲-𝗱𝗲𝘀-𝗯𝗮𝘂𝘅-𝗳𝗿𝗮𝘂𝗱𝘂𝗹𝗲𝘂𝘅-𝗱𝗮𝗻𝘀-𝗹𝗲-𝟮𝟬𝗵-𝗱𝗲-𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲-𝟮/2318353678620259/

MESURE 2 - Création d’un Office Foncier Solidaire (OFS).

Pour mettre fin à la spéculation foncière et garantir un logement abordable durable, la commune créera un Office Foncier Solidaire (OFS), qui portera le foncier des logements destinés à la location ou à l’accession encadrée grâce au Bail Réel Solidaire (BRS).
Principes :
• Séparer foncier et bâti : l’OFS achète ou reçoit en gestion terrains et logements, et conserve la propriété du foncier. Les habitant·es occupent le bâti via un BRS, qui leur permet de louer ou d’acheter le logement à prix encadré tout en garantissant que le foncier reste sous contrôle de l’office.
• Loyers et prix plafonnés : grâce au BRS, tous les logements restent accessibles selon un barème municipal, assurant l’accès aux ménages modestes et moyens.
• Priorité aux habitant·es locaux : familles, étudiant·es et salarié·es de la ville bénéficient d’une priorité dans l’attribution.
• Durabilité et protection contre la spéculation : les logements sous BRS ne peuvent pas être vendus librement, et toute revente est encadrée par des clauses anti-spéculation.
• Financement : un budget dédié permettra l’acquisition du foncier, avec le soutien de partenaires financiers comme la Banque des Territoires et Action Logement.
Les OFS sont portés souvent par des intercommunalités mais aussi des communes (Bouc Bel Air dans les Bouches du Rhône). D’autres dispositifs OFS/BRS existent également dans des communes plus petites (Saint Rémy de Provence) dans OFS communal à proprement parler.

MESURE 3 - Développement de logements étudiants avec convention Crous dans le parc privé.

Pour répondre à l’urgence du logement étudiant à Arles, où aucun logement spécifique n’existe aujourd’hui, la commune mettra en place un dispositif incitatif dans le parc privé :
Convention avec le Crous :
Les propriétaires de logements vacants ou sous-utilisés pourront signer une convention Crous pour mettre leur bien à disposition d’étudiant·es avec loyer encadré.
Encadrement des loyers :
Les loyers seront plafonnés selon un barème Crous/communal, garantissant un accès abordable aux étudiant·es et un rendement correct pour le propriétaire.
Durée et sécurité juridique :
• Convention signée pour une durée initiale de 3 à 5 ans, renouvelable.
• Protection des droits des étudiant·es et garantie de mise à disposition continue du logement pendant l’année universitaire.

Axe 19 : Une école publique égalitaire, émancipatrice et protectrice

ÉTAT DES LIEUX :

Avec 25 % de la population sous le seuil de pauvreté, Arles présente des indicateurs de précarité comparables aux quartiers les plus démunis de Marseille. Près de 4 600 élèves dépendent des services municipaux. Pour beaucoup d’entre eux, le repas à la cantine est le seul repas équilibré quotidien, parfois le seul repas tout court.

Bâtiments vieillissants, mal isolés et peu entretenus, systèmes de chauffage à bout de souffle, espaces extérieurs surchauffés et imperméabilisés,... Les conditions de bien-être des enfants et des personnels ne sont pas favorables aux apprentissages.

Les directeur·rices d'écoles sont entravé·es par des tâches de gestion au détriment de l'accompagnement et l’animation des équipes éducatives. Les adultes en charge des enfants ont souvent des contrats précaires et sont de moins en moins formés.

La carte scolaire actuelle fige le territoire en « îlots » et renforce la séparation entre le centre-ville, les quartiers et les hameaux.

Les possibilités offertes par le cahier ressource sont en nette diminution et sont difficiles d’accès du fait d’un manque de transports.

Nous voulons des écoles où il fait bon apprendre.

L’école publique est confrontée aux enjeux majeurs d’une éducation populaire pour tous les enfants.

Elle doit offrir à chacun d’elleux les meilleures conditions possibles pour les apprentissages, en favorisant épanouissement et réussite grâce à un cadre protecteur, égalitaire, émancipateur et écologiquement responsable.

Nos communes seules ne peuvent pas pallier les défaillances de l’Éducation nationale et de l’État, mais nous devons relever le défi de l’égalité des chances car, en tant que peuple, notre éducation est notre première et principale richesse : nos objectifs s’inscrivent dans la volonté de rendre le pouvoir aux usager·es par la révolution citoyenne et de faire de la commune un outil de solidarité et de protection des biens communs.

MESURE 1 - Adapter les écoles aux bouleversements climatiques.

Désimperméabilisation des cours d'écoles, végétalisation, mise aux normes pour l'isolation thermique (si possible en utilisant des matériaux biosourcés comme la paille de riz, produite localement). La végétalisation des cours d’école est un point essentiel de l’amélioration du cadre de travail et du bien-être général des équipes éducatives et des élèves. Ce projet permet à la fois de reconnecter les enfants à la nature et de répondre aux difficultés rencontrées lors des périodes de canicule.
Ces transformations ne seront pas imposées par en haut mais seront travaillées avec l'ensemble de la communauté éducative (enseignant·es, parents d'élèves, enfants).
La végétalisation des cours d’école permet également de faire de l’éducation à la biodiversité : installation de nichoirs, de potagers scolaires, de mares pédagogiques, etc.
Ces cours d’école végétalisées pourront, comme c’est déjà le cas dans certaines communes (Paris, Lyon) être ouvertes à toustes durant les périodes de canicule.

MESURE 2 - Des cantines scolaires moins chères et plus végétales.

L’objectif central est de lutter contre la précarité (25 % de la population arlésienne vit sous le seuil de pauvreté) : gratuité immédiate pour les familles les plus précaires (elles paient actuellement 20 cts le repas), renforcement de la progressivité tarifaire, baisse du tarif pour les catégories les plus pauvres, augmentation pour les plus riches (actuellement le ratio entre la différence de revenus et le tarif n’est que de 1 à 3, ce qui n’est pas assez équitable).
Passer à deux repas exclusivement végétariens par semaine et intégrer une option végétale à chaque repas comme impératif de santé publique, mesure environnementale et éthique. L'augmentation de la part végétale des protéines est meilleure pour la santé de toustes et c’est aussi une façon très efficace d’augmenter la qualité des denrées à coût constant. La diminution de la consommation de produits issus de l’agro-industrie de la viande et du poisson - cause de souffrances multiples et de dégâts environnementaux majeurs - est également un choix éthique et environnemental.
Plus généralement, suivre les recommandations du PNNS (Programme national nutrition santé) : aller vers plus de végétal, plus de légumineuses, des céréales complètes plutôt que raffinées, beaucoup moins de viande rouge, diminuer le sel, le sucre, les graisses. Éviter les produits ultra transformés et préférer le fait maison ainsi que le bio.
Mettre en place des outils de suivi : taux de choix, de gaspillage, enquêtes de goût.
Former des agent·es cuisiniers à l’alimentation végétale et en faire un critère de recrutement (favoriser les candidat·es sensibles ou formé·es à ces questions).
Intégrer les enfants dans la construction des menus et dans la découverte des aliments.
Envisager un·e médiateur·ice des cantines qui passe dans les écoles sur le temps périscolaire du midi pour présenter un aliment local, un fruit, un légume, un type de production agricole (miel, maraîchage, vergers etc), une pratique agricole (l’arrosage etc).

MESURE 3 - Garantir un cadre accueillant, rassurant et apaisé comme socle des apprentissages et favoriser la santé des enfants.

Permettre à chaque enfant de se sentir en sécurité affective, physique et relationnelle est un préalable indispensable : si l'enfant est monopolisé par l'insécurité (sociale, alimentaire ou émotionnelle ), ses capacités d'apprentissage et de développement sont entravées. Pour cela, il faut :
• Adapter les locaux avec possibilité de modularisation en fonction des effectifs (salles à taille humaine) et des usages ; en faciliter l’accès (notamment pour les élèves en situation de handicap).

• Favoriser la pérennité des équipes éducatives afin d’offrir aux enfants un environnement affectif et pédagogique stable (pour une meilleure connaissance et une plus grande compréhension des parcours individuels et familiaux ; pour la création de liens entre les principaux acteur·ices éducatifs, indispensables à une meilleure prise en charge des enfants ; pour la mise en oeuvre de projets pédagogiques à long terme, plus cohérents et mieux adaptés aux spécificités de terrain).

• Créer une dynamique collective autour de la santé physique et mentale et du handicap (actions d’éducation à la santé, préventions individuelles à travers des bilans, soutenir l’expression, la créativité, l’activité physique ; développer un environnement favorable ; renforcer les connaissances des enfants, parents, adolescents sur les questions de nutrition et d’alimentation saine et végétale).

• Systématiser l’apprentissage de la natation par la remise en état des infrastructures municipales et développer l’apprentissage de la pratique du vélo, pour une plus grande autonomie de déplacement (mise à disposition de vélos, de lieux) ; développer la mixité filles/garçons.

MESURE 4 - Assurer l'égalité par la gratuité, la mixité sociale et l’ouverture au monde.

Favoriser un meilleur accompagnement pour que les familles en situation de précarité accèdent aux dispositifs éducatifs, sociaux ou de soin (taux d’encadrement renforcé, repérage des enfants n’ayant pas de prise en charge, actions de médiation sur les droits et services). Réduire la fracture numérique en favorisant l’aide et l’accès auprès des familles.
Poursuivre et renforcer la mise en œuvre de parcours de réussite éducative dans le cadre du PRE (Programme de Réussite Éducative) en quartiers prioritaires REP/REP+ (accompagner de manière personnalisée les enfants de 2 à 16 ans ).
Renforcer les dispositifs passerelles dans les transitions (entrée en scolarisation, au collège, lycée).
Renforcer les dispositifs d’apprentissage du français pour les élèves issus de familles allophones.
Scolariser tous les enfants du territoire communal (voyageurs, roms, vivant en squat…) et prendre en considération les difficultés des plus vulnérables.
Briser la ségrégation territoriale en pesant sur le rectorat. L'objectif politique est de mettre fin au découpage d'Arles en « îlots » figés par la carte scolaire actuelle. Il s'agit de favoriser la mixité sociale entre le centre-ville, les quartiers populaires et les hameaux excentrés pour recréer un sentiment d'appartenance commune et supprimer les inégalités. Chaque enfant doit pouvoir accéder à une école publique de proximité.
Doter chaque élève d’un lot standard de fournitures scolaires gratuites inclus dans les dotations des classes.
Réviser la tarification des ALAE (temps périscolaire) en fonction des moyens des familles. Favoriser la gratuité.

MESURE 5 - Rédiger et mettre en œuvre un Projet Éducatif Territorial dynamique, innovant et cohérent.

Favoriser le décloisonnement institutionnel en associant les différents acteur·rices sur un mode coopératif : instaurer des partenariats et des concertations avec les parents (ouverture “d’espaces parents” animés par les parents au sein de chaque école) ; avec les associations péri-scolaires et avec les divers lieux de culture et d’animation (centre sociaux, médiathèques, centres sportifs et piscines, musées…) pour faire émerger une culture de l’intervention populaire active et permanente (soutien scolaire, aide aux devoirs, projets multiples : pratiques culturelles et artistiques, expériences scientifiques, lectures, apprentissage de l’autonomie et de l’esprit critique à travers le débat et l’action concrète, activités sportives, jardins partagés, sorties culturelles et environnementales…)
Utiliser les intérêts des enfants pour développer les apprentissages de façon transversale par sujet plus que par matière, développer les compétences techniques et artisanales au delà des stéréotypes de genres (cuisine, couture, bricolage, informatique), associer les élèves aux décisions et à la gestion des conflits par la mise en place de conseils d’enfants réguliers et faire vivre une éducation en réseaux, hors les murs, en lien avec la ville et la nature, créatrice de lien social, afin de lutter notamment contre la ségrégation des publics dans le périscolaire.
Permettre l’accès aux voyages scolaires : promouvoir les « classes de découverte » afin de garantir l'accès solidaire à la culture et à l'exploration du monde pour toustes.
Accroître la régularité des activités de pleine nature, sportives et culturelles : augmenter le nombre de places en centres de loisirs et promouvoir les projets au sein des espaces naturels proches (Parc de Camargue, littoral, Alpilles, Cévennes) pour permettre aux enfants et aux jeunes d’évoluer et de grandir de manière responsable, dans des milieux qu’ils apprennent à connaître, aimer et respecter.
Assurer la laïcité : refuser l’ouverture et le financement d’écoles privées confessionnelles sur le territoire communal, hors cadre minimum imposé par l’État.

MESURE 6 - Soutenir les équipes éducatives en améliorant les conditions de travail et de vie au sein des établissements.

Alléger les tâches administratives : libérer les directeur·rices des contraintes de gestion (postes de secrétariat) pour qu'ils se consacrent à leur mission pédagogique et à l'animation d'équipes solidaires.

Atteindre l’objectif d’un·e ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) par classe en maternelle.

Renforcer le suivi médical et le soutien psychologique. La commune n’a pas la maîtrise de la médecine scolaire (compétence Éducation Nationale), ni du secteur du médico-social dédié aux enfants qui dépend de l’Assurance Maladie. Nous nous attacherons à peser sur ces institutions de tutelle afin que les postes vacants soient pourvus et que de nouveaux puissent être ouverts afin de couvrir les besoins de soin et de suivi des enfants.

Garantir un nombre suffisant d’animateur·trices périscolaires formé·es (notamment pour interclasses et cantines, en emplois non précaires, en visant le temps plein, quitte à compléter avec d’autres activités).

Assurer la formation de tous les intervenant·es (sur et hors temps scolaire) à la prévention et à la détection des violences éducatives ainsi qu’à l’écoute et à la résolution des cas signalés.

Favoriser la continuité et la qualité des liens entre familles et professionnels, pour mieux soutenir les parents dans l’exercice de leurs fonctions parentales : développer les réseaux d’écoute, d’appui à la parentalité ; soutenir les associations relais du champ familial ; organiser des solutions de répit, avec un accueil des enfants particulièrement attentif aux familles monoparentales.

Accompagner les professionnels vers un changement de regard, par un travail sur les stéréotypes et les discriminations, pour une meilleure connaissance de la réalité de vie des familles.

Axe 20 : Les urgences pour notre santé

ÉTAT DES LIEUX :

Pénurie des médecins généralistes et spécialistes
Les Arlésien·nes font face à de longues listes d’attente (plusieurs mois) ou doivent exporter leurs consultations sur d’autres communes. Les professionnel·les de santé sont de moins en moins nombreux·ses dû au vieillissement des effectifs et à des conditions de travail insatisfaisantes.
La prise en charge de la santé mentale n’est pas épargnée. Le centre médico-psychologique de Barriol a fermé il y a plus de cinq ans. Il y a généralement plus d’un an d’attente pour obtenir un suivi en CMP. Le manque de médecins spécialistes a des conséquences néfastes directes sur la santé des Arlésien·nes. Par exemple, le déficit de pédopsychiatres et d’orthophonistes sur la commune retarde les diagnostics et prises en charge adaptées des troubles du neurodéveloppement (type autisme, TDAH,...).

Fracture territoriale et numérique
Sur 50 000 habitant·es, 20 000 vivent dans les hameaux (Mas-Thibert, Salin-de-Giraud, etc.). L’isolement géographique et la dématérialisation des services publics créent un "non-recours aux droits" massif.

Inégalités sociales de santé
Le risque d’obésité est 4 fois plus élevé chez les personnes plus défavorisées. Or le taux de pauvreté à Arles est de 25%, et il est presque deux fois plus élevé dans les quartiers.

Désertification de la médecine scolaire
Laissant 4 600 élèves sans dépistage systématique (vision, audition, dentaire).

Éviter des morts par la prévention
Les logements insalubres, la pollution, le climat sont responsables d’un grand nombre de maladies et de décès prématurés. Agir sur ces causes permet de réduire les impacts sur la santé. Les principales maladies chroniques non transmissibles (maladies cardio-vasculaires, diabète, certains cancers) sont liées à notre alimentation. Un régime alimentaire davantage végétalisé permettrait d’éviter des milliers de morts chaque année.

Puisque les facteurs socio-économiques et environnementaux déterminent 70 % de notre état de santé, la municipalité doit transformer le cadre de vie et restaurer les services publics de proximité pour réduire les inégalités sociales de santé.

MESURE 1 - Un “bus Santé” et un “bus France services”.

Déploiement d'un bus hybride desservant les quartiers prioritaires et les zones isolées de Camargue.
Le “bus Santé" assure des missions de prévention, de dépistage et d'orientation des publics fragiles vers le parcours de soins, réduisant ainsi le renoncement aux soins.
Le “bus France Services" est un espace de médiation humaine pour accompagner les habitant·es dans leurs démarches administratives du quotidien (retraite, CAF, assurance maladie, emploi, etc.). Son but est de briser la fracture numérique et de stopper les ruptures de droits (dossiers bloqués, suspensions d'allocations) qui précarisent les familles. Le dispositif France Services traite l'insécurité administrative comme un déterminant de santé majeur, car le stress lié au non-recours aux droits dégrade directement la santé physique et mentale des citoyens.

Dans la communauté de communes Val’Eyrieux, en Ardèche, le succès du bus France Services : il vient une fois par semaine, toujours au même endroit. Les conseillers vous accueillent avec ou sans rendez-vous à bord du bus afin de vous aider et de vous accompagner dans les formalités administratives que vous avez à accomplir.
Source : https://www.valeyrieux.fr/vie-quotidienne/bus-france-services/

MESURE 2 - Prévenir pour moins guérir : Urbanisme Favorable à la Santé (UFS) et bouclier alimentaire.

Végétalisation massive des bâtiments publics (écoles) et de l’espace public pour un gain de 10°C de température ressentie.
Programme ambitieux de dépollution du territoire communal - eau, air, sols.
Soutien aux mobilités douces, qui contribuent également à lutter contre la sédentarisation de la population.
Passage à la cantine 100 % bio, locale, plus saine et moins carnée, zéro déchets et gratuite pour les familles sous le seuil de pauvreté pour agir sur le déterminant nutritionnel (responsable de 45 % de la santé).

MESURE 3 - Vers un centre de santé en régie publique.

La pénurie de médecins ne va pas se résoudre toute seule et les mesures proposées par d’autres candidats, comme prendre en charge pendant quelques mois les loyers de nouveaux médecins, sont des pansements sur des jambes de bois.

À terme, une seule solution s’impose : créer un centre de santé en régie publique avec des médecins salariés pour offrir un espace d’accès au soin de proximité. Ces centres veilleront à tisser un partenariat étroit avec le réseau de santé existant, notamment via la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) et avec les autres structures de santé physique et mentale (CMP, Csapa,...).

Il s’agit d’un investissement massif, déjà entamé par de nombreuses communes françaises, avec de très bons résultats. Ce projet se prépare sur plusieurs années : choix du lieu, audit sur les finances de la commune, etc. Nous lancerons donc les démarches avec, comme objectif, l’ouverture d’un centre de santé en régie publique.

“Les centres municipaux de santé, derniers recours face à la pénurie de médecins”, Le Monde, 29 novembre 2025
https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/29/les-centres-municipaux-de-sante-derniers-recours-face-a-la-penurie-de-medecins_6655318_823448.html

Axe 21 : Une ville où grandir n’est pas un luxe

ÉTAT DES LIEUX :

La ville d’Arles compte :

21 écoles maternelles publiques et 2 privées
24 écoles élémentaires publiques et 2 privées
Si le personnel enseignant dépend de l’Éducation nationale, les autres personnels des écoles sont des employé·es communaux. Les bâtiments appartiennent également à la commune qui les entretient et les rénove. Chaque année, plus ou moins 5 000 enfants fréquentent les écoles maternelles et élémentaires publiques d’Arles.

Le Centre communal d’action sociale (CCAS) gère les établissements d’accueil de la petite enfance (naissance à 4 ans) : deux crèches, une halte-garderie, quatre multi-accueils, cinq espaces enfants/parents.

La gestion des temps périscolaire (matin et soir + 5 centres de loisir du mercredi) relève également de la compétence de la ville.

Enfin, la ville finance et organise les Ateliers de travail personnalisé pour environ 130 collégien-nes chaque soir de la semaine.

MESURE 1 - Un service public des Jeunesses.

Nommer un·e adjoint·e dédié·e aux Jeunesses. Iel aura pour fonction de travailler au maillage

• des fonctions : petite enfance, école, périscolaire, etc
• des partenaires : social, culture, justice, associations, santé, santé mentale
• des territoires : centre-ville, quartiers, hameaux

Création d’un binôme mobile : un·e Référent·e Violences (VSM, VSS, VIF) et un·e Référent·e Lutte contre les Discriminations. Ces deux référent·es assureront des permanences obligatoires dans les mairies annexes des 5 grands hameaux pour protéger l'intégrité des mineurs.

Améliorer le "cahier ressources" (un cahier mis en place par la mairie qui récapitule tous les projets pédagogiques, actions pédagogiques possibles sur Arles et alentours, etc), rendre son usage plus clair et plus simple, y ajouter les activités sportives, associer les enseignant.es à son élaboration en faisant remonter leurs besoins.

Les personnels et les parents d’élèves font remonter un manque de coordination et de cohérence entre les différents projets et les actions éducatives. L’absence de lien entre les temps scolaires et les activités périscolaires est, en particulier, problématique. L’adjoint·e aux Jeunesses aura comme mission prioritaire de relancer le dialogue entre tous ces acteurs pour assurer une meilleure cohérence des actions.

L’adjoint·e engagera également les démarches pour obtenir le label UNICEF “Ville amie des enfants”, via notamment une politique volontariste de lutte contre les discriminations.

Des formations seront effectuées pour sensibiliser les agent·es, y compris la police municipale, aux violences sexuelles et sexistes (VSS) et aux violences intra-familiales (VIF). Ces formations seront également ouvertes aux enseignant·es des écoles de la commune, en faisant en sorte qu’elles soient approuvées par le rectorat (pour compter comme formation continue).

Lors de chaque Forum Petite enfance et parentalité (octobre), une conférence sur l’adultisme (la domination des adultes sur les enfants, ce qui entraîne violences et discriminations) sera organisée en invitant des expert·es de cette question.

MESURE 2 - Un plan école.

Il est urgent d'engager un grand plan municipal de rénovation des écoles (primaires et maternelles), autour de deux priorités

Désimperméabilisation des cours d'écoles, végétalisation, mise aux normes pour l'isolation thermique. La végétalisation des cours d’école est un point essentiel de l’amélioration du cadre de travail et du bien-être général des équipes éducatives et des élèves. Ce projet permet à la fois de reconnecter les enfants à la nature et de répondre aux difficultés rencontrées lors des périodes de canicule.
Avec l’objectif de végétaliser 4 écoles par an chaque année, c’est l’un des investissements massifs de notre programme !

Revoir la tarification des cantines pour aller vers la gratuité pour les familles à plus faible revenu. Des cantines 100% bio (nous reconnaissons que beaucoup a été fait dans ce sens par la précédente mandature), 100% locales, Zéro Déchets autant que possible, et ouvertes aux seniors.
Ces transformations ne seront pas imposées par en haut mais seront travaillées avec l'ensemble de la communauté éducative (enseignant·es, parents d'élèves, enfants).
Pour financer ces transformations, de nombreuses pistes sont possibles et ont été sous-explorées par l'actuelle mandature : Fonds verts, agence de l’eau, agence locale de l’énergie et du climat, FEDER…

MESURE 3 - Plus de crèches publiques.

Les établissements d'accueil de la petite enfance fonctionnent globalement bien, mais ils sont trop peu nombreux (161 places en public, 83 places en privé, plus une centaine d'assistantes maternelles). La mandature actuelle a fait le choix de se tourner davantage vers des micro-crèches privées, ce qui pose de nombreux problèmes, surtout dans un contexte où ces crèches privées font régulièrement l'objet de scandales (santé, violences, etc.). Dans tous les cas, il manque près d'une centaine de berceaux et cela risque de s'aggraver dans les années à venir !
Le soin des touts petits ne se discute pas, ne se monnaye pas : il faut des investissements massifs pour créer davantage de crèches publiques. À court terme, nous proposons l'ouverture d'une crèche supplémentaire en centre-ville avec une capacité d'accueil de 16 lits (+10%) ; à long terme, il faut également ouvrir une crèche supplémentaire au Trébon avec 20 lits (+ 15%).

Axe 22 : Une place pour les jeunes

ÉTAT DES LIEUX :

Aujourd’hui, les 15-25 ans sont les premières victimes d’un système qui les précarise, les endette, les surveille et les exclut : stages non rémunérés, logements hors de prix, études à crédit, emplois ubérisés, et un avenir volé par les crises écologiques et sociales.

Nous refusons de voir notre jeunesse condamnée à choisir entre la galère et l’exploitation. Une municipalité de gauche de rupture doit faire le pari inverse : considérer les jeunes ni comme un problème à gérer, ni comme une main-d’œuvre docile, ni comme une clientèle à endetter, mais comme des sujets politiques capables de transformer la ville.
Les moins de 25 ans représentent 25% de la population arlésienne (38% à Barriol). Pourtant, ils sont les grands oubliés de la mandature actuelle. Les étudiant·es, notamment, toujours plus nombreux·ses, ont du mal à se loger, à se déplacer, à se nourrir.
La population arlésienne souffre : 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, 20 000 Arlésien·nes vivent dans les 5 hameaux et subissent un isolement territorial. Ces facteurs de vulnérabilité touchent particulièrement les jeunes adultes, qui sont exposé·es à des violences spécifiques (violences sexistes et sexuelles, violences familiales, violences éducatives, etc.).

MESURE 1 - Des services et des activités pour les jeunes.

Une politique volontariste d'intégration et d'inclusion des jeunes adultes, qui passera par plusieurs sous-mesures :
• Gratuité totale des transports en commun pour les étudiant·es faisant leurs études à Arles.
• Gratuité totale des piscines municipales pour les moins de 25 ans, toute l'année (y compris l'été) et avec une extension des horaires d’ouverture.
• Gratuité des parkings municipaux pour les étudiant·es.
• Réquisition de locaux vacants pour créer un espace commun pour les jeunes : un Accueil Jeune, un Point Info Jeunesse (santé, orientation...), une épicerie solidaire dédiée aux jeunes et étudiant.es pour garantir l'accès à une alimentation saine. Cet espace sera aussi un lieu pour travailler ensemble, se rencontrer, avoir un accès aux informations, aux droits, etc.
• “Bourse au permis” pour les jeunes à partir de 17 ans dans les QPV et hameaux (en particulier) (exemple Saint Rémy, Noves) : en contrepartie d’un stage dans un service de la ville ou bénévolat dans une association, financement du permis de conduire.
• Conditionner les subventions de la Mairie à des activités explicitement pensées pour les jeunes adultes dans tous les grands festivals (Dessin, Suds, Photo, etc) et les animations municipales ; travail avec les collèges et les lycées pour proposer des activités aux enseignant·es.
• Reprise en main du club jeunes, qui proposait des activités sportives et culturelles durant les vacances pour les quartiers et les hameaux et a disparu après le Covid. Il doit être repensé en intégrant une dimension éducative.
• Ouverture à l’artisanat : création d’un institut des métiers de la main, avec proposition de stages découverte gratuits avec les différents métiers disponibles sur le territoire pour donner envie d’aller vers des formations professionnelles.
• Association Mouv (financement par ACCM) (Transport solidaire, prêt de scooters, voitures, vélo électrique : aide à la mobilité en début de contrat de travail).
• Obtenir, pour la Maison des Adolescents, la labellisation Point d'Accueil Ecoute Jeune (PAEJ) : cela offre des moyens permettant d'accompagner l'autonomisation des jeunes : santé mentale et équipes mobiles qui vont vers les jeunes notamment dans les hameaux et QPV.
• Restructuration du Pass sport municipal pour l’étendre aux étudiant·es et création d’un Pass culture municipal fonctionnant sur le même principe.

MESURE 2 - Mieux protéger les jeunes adultes.

Coordination transversale des fonctions (petite enfance, école, santé, justice) avec un·e adjoint·e dédié·e. Création d'un binôme mobile : un·e Référent·e Violences (violences sexuelles sur mineur·es, violences sexistes et sexuelles, violences intra-familiales) et un·e Référent·e Lutte contre les Discriminations. Ces deux référent·es assureront des permanences obligatoires dans les mairies annexes des 5 grands hameaux pour protéger l'intégrité des mineurs.
La municipalité se constitue partie civile pour accompagner les victimes de racisme, de sexisme ou de LGBTIphobie, offrant ainsi un soutien institutionnel fort qui dépasse le simple cadre familial.

Comme le Centre Médico-psycho-pédagogique (CMPP) de la Roquette, la Maison des Adolescents, le Centre Accueil pour Ado, mais aussi des associations, etc. Soutenir ces structures (financées par le Département, l'Agence Régional de Santé), écouter les professionnel·les en les invitant à la mairie et en allant les voir, favoriser le dialogue avec les autres professionnel·les de l'enfance
Pour répondre à l’urgence du logement étudiant à Arles, où aucun logement spécifique n’existe aujourd’hui, la commune mettra en place un dispositif incitatif dans le parc privé :
Convention avec le Crous : les propriétaires de logements vacants ou sous-utilisés pourront signer une convention Crous pour mettre leur bien à disposition d’étudiant·es avec loyer encadré.
Encadrement des loyers : les loyers seront plafonnés selon un barème Crous/communal, garantissant un accès abordable aux étudiant·es et un rendement correct pour le propriétaire.
Durée et sécurité juridique : convention signée pour une durée initiale de 3 à 5 ans, renouvelable. Protection des droits des étudiant·es et garantie de mise à disposition continue du logement pendant l’année universitaire.

MESURE 3 - Rendre les jeunes acteurs et actrices de leur vie.

Redonner la parole et le pouvoir aux jeunes, ce qui passe aussi par les écouter et se tenir au courant de ce que traverse la jeunesse à Arles. Là encore, plusieurs sous-mesures :
• Les jeunes adultes (à partir de 16 ans) peuvent participer aux RIC, y compris les étudiant·es qui étudient à Arles sans forcément y résider.
• Le Conseil municipal des jeunes est prorogé. Il se réunit plus fréquemment et dispose d'un budget dédié. Le site internet de la mairie et ses divers réseaux sociaux communiquent activement sur les décisions du CMJ. Les membres du CMJ élisent deux représentant·es qui sont systématiquement invité·es aux conseils municipaux et peuvent y prendre la parole librement ; sur les sujets concernant la jeunesse, ils disposent d’une voix délibérative.
• Un·e membre du conseil municipal se rend systématiquement aux conseils d'administration des collèges et des lycées de la ville : une place de droit est réservée à un·e élu·e municipal·e mais en 2025, ce siège n’est quasiment jamais occupé. C’est pourtant indispensable, à la fois pour assurer les membres de la communauté éducative du soutien de la mairie, pour se tenir au courant des projets et des besoins, pour faire circuler les informations.
• Dans les Centres Sociaux, des places dédiées aux jeunes pour siéger au Conseil d'Administration de l'EPACSA. Cela nécessite la création d'un comité des jeunes dans chacun des centres sociaux.
“Vote à 16 ans aux élections municipales”, UNICEF, https://www.villeamiedesenfants.fr/article/vote-a-16-ans-aux-elections-municipales/

Axe 23 : Bien vieillir à Arles

ÉTAT DES LIEUX :

À Arles, 31% de la population a plus de 60 ans et l’âge médian de la commune est supérieur à la moyenne nationale. Arles est une ville vieillissante, avec une proportion importante de personnes âgées potentiellement dépendantes, isolées ou vulnérables. Cela crée une pression structurelle sur les services sociaux, médicaux et d’accompagnement.

Comme partout ailleurs, les EHPAD publics sont trop peu nombreux, et la multiplication d’entreprises privées - pour l’aide à domicile, le portage de repas, les soins infirmiers, etc. - creuse les inégalités et fragilise plus encore les plus vulnérables.

La suppression en 2022 du service d’Aide à Domicile (SAAD) du CCAS, qui aidait 90 personnes dès lors forcément poussées vers des acteurs privés, est une injustice flagrante. Cette fermeture avait en outre conduit au chômage une quinzaine de personnes, ce que le maire et ses conseiller·es avaient tenté de masquer derrière de fausses promesses et de vrais mensonges. Prendre soin de nos aîné·es, c’est également assurer du travail à des actif·ves !

Enfin, Arles est particulièrement exposée aux bouleversements climatiques, notamment aux vagues de chaleur qui vont devenir plus sévères, plus précoces et plus nombreuses. Il faut sortir d’une culture de l’accompagnement en cas de canicule pour aller vers une véritable culture de la prévention et de l’adaptation, elle-même inscrite dans une bifurcation écologique radicale et planifiée à l’échelle communale.

Bien vieillir n’est ni un luxe, ni un privilège, mais un droit. Nous ferons en sorte de le garantir à toustes.

Nous remettrons nos aîné-es à leur place : non pas enfermé·es dans des EHPAD ou confiné·es dans des foyers, mais au cœur du lien social et de la ville, comme des citoyen·nes de plein droit, acteur·rices de la ville.

MESURE 1 - Mieux se déplacer.

Gratuité des transports en commun de la Ville pour les plus de 65 ans.
Navettes à la demande renforcées (pour les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées de plus de 70 ans donc véhicule équipé PMR). Fonctionnement 300 jours par an.
Contrairement à certains candidats, nous ne nous contentons pas de proposer des navettes gratuites à destination des foyers municipaux. Les personnes âgées ne sont pas des sous-citoyen·nes et elles ont le droit de se déplacer où elles veulent, quand elles veulent. Nos navettes à la demande desserviront l’ensemble du territoire municipal, hameaux compris.

MESURE 2 - Prendre soin : cantine intergénérationnelle, Service d’Aide à Domicile, animaux de compagnie.

Ouvrir la restauration scolaire aux personnes âgées
En commençant par une école, un jour par mois, pour ensuite petit à petit ouvrir le dispositif aux écoles volontaires. Le conseil municipal des jeunes pourrait avoir un rôle-clé dans cette expérience, déjà testée avec succès dans de nombreuses communes.

À Martignas-sur-Jalle, une cantine intergénérationnelle. Grâce à cette cantine, les aînés peuvent profiter des repas de la cuisine centrale pour 4,65 euros. Aucune condition de ressources ou d’âge minimum n’est imposée. Il faut seulement être autonome et résider dans la commune. “Cela permet pour certaines personnes de sortir de leur isolement et à certains enfants qui n’ont pas de grands-parents, d’être en contact avec des seniors et de créer de nouveaux liens”
Source : site internet de la mairie de Martignas-sur-Jalle

Rétablir le Service d’Aide à Domicile du CCAS
Le Centre Communal d’Action Sociale est une structure efficace et autonome, financée à hauteur de 5 millions par la ville (la moitié de son budget). La suppression du service d’Aide à Domicile en 2021 par la Municipalité de Carolis (transféré vers des acteurs privés) a creusé les inégalités dans les populations de plus de 65 ans. Le rétablir permettra de changer considérablement le quotidien des personnes les plus vulnérables.

Autoriser les animaux de compagnie dans les EHPAD et maisons de retraite afin de ne pas séparer les aînés de leurs compagnons, comme prévu par la loi “bien vieillir” (8 avril 2024)

À Libourne, en Gironde, l’Ehpad La Belle Isle a inauguré en décembre dernier la structure Ehpanimal, entièrement pensée pour accueillir dans les meilleures conditions les chats et chiens des résidents. Ce projet novateur s’inscrit dans le cadre de la loi « Bien vieillir ». Il permet de préserver le lien affectif qui unit les personnes âgées à leur animal, et d’éviter les abandons.
Source : Le Média Social, 5 juin 2025, https://www.lemediasocial.fr/ehpanimal-a-l-ehpad-belle-isle-les-animaux-des-residents-sont-bien-loges_ZpMxX5

MESURE 3 - Tisser du lien social toute l’année.

La Ville a mis en place un Registre Prévention Isolement qui recense les personnes isolées et/ou vulnérables, notamment lors d’événements climatiques extrêmes type canicule. Il s’agit d’un formidable outil qui gagnerait à être mobilisé toute l’année et pas uniquement lors d’une catastrophe.

On peut ainsi s’en servir pour identifier les personnes les plus isolées et fragiles afin de leur proposer :
• des sorties accompagnées ;
• des aides pour l’accès aux droits (le non-recours aux droits touche particulièrement les plus de 75 ans vivant seul·es) ;
• l’accès privilégié aux cantines intergénérationnelles mises en place dans les écoles ;
• des interventions en amont des événements climatiques extrêmes pour adapter leurs logements (stores aux fenêtres, ventilateurs, etc.) ;
• des aides pour lutter contre l’illectronisme afin de réduire la fracture numérique.

Axe 24 : La sécurité passe par la justice sociale

ÉTAT DES LIEUX :

Pour poser autrement la question de la sécurité, il faut d'abord repartir de sa définition exacte. Par sécurité, nous entendons donc l'état d'esprit confiant et tranquille d'une personne qui se croit, se sent à l'abri du danger.

Cela signifie évidemment promouvoir une sécurité qui protège l'intégrité des personnes et des biens face aux agressions, mais c'est aussi favoriser une sécurité liée à la situation sociale, professionnelle, environnementale des personnes pour leur permettre de se projeter dans le futur. C'est donc lutter contre le chômage, la pauvreté, le mal-logement, les discriminations.

Combattre le sentiment grandissant d'insécurité qui touche les habitant·es, c'est sortir des discours alarmistes et de la politique du chiffre appliquée ces dernières années.

La hausse significative du nombre de policiers municipaux dans la ville, l'annonce d'une baisse de 7% de la délinquance (sans chiffres de l'INSEE), le budget massif alloué à la sécurité, ces choses ont-elles réellement amélioré les conditions de vie des Arlésien·es ?

L’insécurité est d’abord sociale. 25% de la population est sous le seuil de pauvreté, 50% des habitant·es des quartiers, un niveau comparable aux quartiers Nord de Marseille. On dénombre environ 3000 logements vacants, tandis que le centre-ville devient inaccessible financièrement. Les services publics sont sacrifiés et on vend la ville à de riches acteurs privés, morceau par morceau, au détriment des besoins réels des Arlésien·nes.

Une fragmentation territoriale assumée : 5 années d'une politique qui renforce le sentiment d'abandon des quartiers et des hameaux, dont les jeunes sont relégués à la périphérie d'une ville qu'ils ne considèrent plus comme la leur.

Manque d'accompagnement et de formation de nos agent·es de police municipale, notamment quant aux compétences psycho-affectives nécessaires à l'identification des violences intra-familiales ou sur mineurs (VSM, VSS).

Des budgets massifs alloués à la surveillance vidéo, sans preuve réelle de résultat.
Entre 2021 et 2025 : 143 caméras supplémentaires, ce qui représente à peu près 3 000 000€ d’argent public (sans compter les agents en charge de les regarder, réparer, installer).
En moyenne, la ville paye 20% de ces équipements, soit 600 000€.

Au niveau national, l’INSEE ne sort plus de chiffres sur la sécurité depuis 2023.

À Arles, le Conseil Local de Sécurité, de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation installé en novembre 2020 ne livre aucune synthèse, aucun bilan, aucun chiffre. Le maire actuel communique donc largement sur une baisse de la délinquance qui ne repose sur aucun élément concret.

MESURE 1 - Protéger l’humain : une sécurité pour toustes.

Nous refusons la vision purement répressive de la sécurité axée sur une politique du chiffre et souhaitons lui opposer une vision sociale. Il s’agit d’inscrire la sécurité dans une dimension plus globale, socle indispensable pour que chaque habitant·e, considéré·e et écouté·e dans ses besoins, retrouve sa capacité d'agir.
En détail :
• Création de Maisons de Service public sur tout le territoire (y compris les hameaux).
• Nomination d’un·e Référent·e Violences à l’échelle de la commune. Iel travaille en étroite collaboration avec un·e Référent·e Lutte contre les Discriminations. Ces deux référent·es assureront des permanences obligatoires dans les mairies annexes des 5 grands hameaux.
• Recrutement de 10 agent·es spécialisé·es (éducateur·ices et personnels de santé).
• Redéploiement de certain·es de nos agent·es de Police Municipale dans ces équipes pluridisciplinaires.
• Assurer l’absence de discriminations à l’emploi dans la collectivité en mesurant les discriminations, en sensibilisant le personnel (avec une attention particulière aux ressources humaines), en menant des audits des risques structurels de discrimination.

MESURE 2 - Une police municipale d'interaction.

Pour garantir le droit à la sûreté de toustes, il est essentiel de mettre en place une police municipale de proximité, formée et équipée pour répondre aux besoins réels des habitant·es. Nous parlons d’une police d’interaction, qui exerce ses missions dans les cadres prévu par la loi et n’est pas utilisée comme supplétif de la police nationale.
La multiplication des dispositifs sécuritaires ne porte pas ses fruits : il devient donc urgent de s’engager sur une autre voie et de briser le mur de méfiance entre la police et la population. Nous souhaitons donc que les policiers municipaux soient d’abord et surtout des acteur·rices de prévention et de médiation, avec l’objectif de construire une relation de confiance entre les citoyen·nes et leur police.
• Restauration du dialogue entre les forces de sécurité et la population, en s’appuyant sur les conseils de quartiers et les acteurs du Conseil Local de Sécurité, de la Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation, pour permettre aux habitant·es de participer à l’élaboration de la feuille de route annuelle de la Police Municipale.
• Formation de nos agent·es de Police Municipale : compétences psycho-sociales, identification des violences sur mineur·es et des violences sexuelles et sexistes, gestion non-violente et désescalade des conflits, lutte contre les discriminations, reconnaissance des troubles psychiques.
• Retrait progressif de l’armement létal des policiers municipaux, dont les missions doivent tendre à la proximité et l’apaisement.

MESURE 3 - Une transparence des dispositifs de surveillance.

La présence de caméras n’implique pas une surveillance systématique et maîtrisée des images enregistrées. Il s’agit d’une méthode à but dissuasif dont les effets directs sur la baisse des infractions et agressions restent à prouver.
Dans une étude sortie en 2021, Guillaume Gormand, chercheur indépendant du Centre de Recherche de l'École des Officiers de la Gendarmerie, aboutit au chiffre suivant : seulement 1% des enquêtes sont résolues grâce à des indices ou des preuves tirées de la vidéo surveillance. Concrètement, cela veut dire qu’à Arles on dépense des dizaines de milliers d’euros par an pour presque rien.
De plus, si ces dispositifs sont parfois utiles pour les cambriolages, ils se révèlent peu efficaces en cas de violences, d’autant que l'effet dissuasif souvent invoqué ne marche plus car la vidéo surveillance s'est complètement généralisée. Pourquoi accepter alors d’être filmé·es en permanence dans l’espace public ?
Même une structure très institutionnelle comme la Cour des Comptes se montre critique de la vidéo surveillance. Elle pointe son inefficacité, l'opacité autour de son installation et le manque de contrôle en interne en 2011, 2020, 2022.
Enfin, l’utilisation massive de la vidéo surveillance pose des enjeux éthiques : si je n’ai rien à me reprocher, pourquoi viole-t-on ma vie privée ?
Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, nous souhaitons offrir aux habitant·es la possibilité réelle de trancher la question de ces dispositifs de surveillance.
• Assurer la transparence des chiffres sur les infractions, les tendances et les moyens déployés.
• Organiser un audit indépendant de la surveillance des citoyen·nes (vidéo-surveillance, pratiques de renseignement, fichage).
• Mettre en œuvre une consultation citoyenne pour partager ces résultats à tous les publics (police, gendarmerie, collectivités, citoyen·nes, responsables associatifs, ...) et définir des mesures à mettre en place.
• Former nos agent·es de la Police Municipale aux enjeux éthiques et politiques de la surveillance.

.MESURE 4 - Lutter contre le trafic de stupéfiants.

La police municipale n'a pas pour prérogative l'endiguement des effets du trafic de stupéfiants ; c'est un des rôles des services de police nationale et de gendarmerie, avec lesquelles la municipalité se doit de travailler de façon étroite.
Pour autant, la municipalité a le pouvoir d'adopter une politique de santé publique volontariste face aux addictions en agissant sur la demande de ce marché.
• Développer des campagnes de prévention et de sensibilisation aux dangers des addictions.
• Mettre en place un plan de prévention des conduites addictives piloté par la maison des services, incluant : psychologie et accompagnement social, logement et accès aux soins, traitements de substitution, structures spécialisées, sensibilisation des consommateur·rices aux effets sur la tranquillité publique.
• Organiser des formations dans les collèges et lycées (via des agent·es municipaux ou des associations) pour expliquer les risques des stupéfiants et informer sur les méthodes des dealers et le fonctionnement du réseau pour recruter les jeunes (menaces, corruption…).
• Sensibilisation des familles par des formations ouvertes, permettant d’informer sur les drogues et leurs risques et d’aider les parents à repérer les signes d’entrée dans la consommation ou les trafics.

Axe 25 : Une ville antiraciste, féministe, inclusive et accessible.

ÉTAT DES LIEUX :

Plus de 90 000 femmes sont victimes de viol ou tentatives de viol chaque année, 1 femme est tuée tous les trois jours. Les agressions homophobes augmentent chaque année, 4 560 infractions LGBTIphobes ont été enregistrées par la police en 2023 (+13 %). Même constat pour les agressions racistes : la police a enregistré 9 400 crimes et délits à caractère raciste en 2024, soit une hausse de 11 %. Les actes antisémites - propos, insultes, agressions - sont en nette hausse tandis que l'islamophobie d'État est un outil politique de répression massive.

Les discriminations et violences sexistes, racistes (notamment islamophobes, antisémites, homophobes et négrophobes) et LGBTIphobes sont massives et largement sous-déclarées. Seules 4 % des personnes victimes de violences racistes portent plainte. Seules 6 % des femmes victimes de violences sexuelles portent plainte. Seules 5 % des victimes d’injures homophobes osent déposer plainte.

Cet omerta existe également à Arles. Au sein de la municipalité de Carolis, en novembre 2023, l'ancienne adjointe à l'égalité homme-femme, Carole Guintoli, a été exclue de la majorité pour avoir voté contre l'attribution de la délégation des services publiques des Arènes à l'Empresa Ludi Arles Organisation, dont l’un des représentants, Jean-Baptiste Jalabert, est reconnu coupable de violences conjugales.

En juin 2023, la municipalité de Carolis déloge des populations roms installées à Trinquetaille au bord du Rhône, à la veille de l'ouverture des Rencontres de la Photo et de son flot de touristes.

À Arles, en juin 2024, pendant la campagne du NFP, un journaliste de l'Arlésienne assiste à une agression raciste sur le parking d'Action et révèle dans un article la montée des violences xénophobes dans toute la région.

À l’échelle quotidienne, nous sommes sans cesse confronté·es à des paroles sexistes et homophobes, du harcèlement de rue, des discriminations racistes. Les personnes en situation de handicap se heurtent régulièrement à des maltraitances ou à des empêchements divers.

Comme à l'échelle nationale dans la France de Macron, beaucoup de paroles et peu d'actes de la part des élu·es au pouvoir, malgré de timides efforts et progrès (dispositif Angela).

Nous proposerons donc des mesures concrètes, effectives dès le début du mandat pour lutter contre les discriminations systémiques.

Sources
« Dossier : Jugés indésirables », L’Arlésienne, 25 janvier 2024
https://larlesienne.info/2024/01/25/dossier-juges-indesirables/

« “Casse toi sale bougnoule” : agression raciste à Arles sur le parking d’Action », L’Arlésienne, 4 juillet 2024
https://larlesienne.info/2024/07/04/casse-toi-sale-bougnoule-agression-raciste-a-arles-sur-le-parking-dactio

MESURE 1 - Combattre les discriminations.

Créer un observatoire communal des discriminations contre le racisme (notamment islamophobe, antisémite, romophobe et négrophobe), le sexisme, le validisme et les LGBTIphobies co-geré avec les associations et les habitant·es, doté d'un budget participatif.
Assurer l’absence de discriminations à l’emploi dans la collectivité en mesurant les discriminations, en sensibilisant le personnel (avec une attention particulière aux ressources humaines), en menant des audits des risques structurels de discrimination et en réévaluant les processus de recrutements si nécessaire.
Soutenir financièrement les associations de lutte contre les discriminations.
Engager un plan de lutte contre le harcèlement sexuel et moral au travail en lien avec les organisations syndicales de la collectivité.
Cesser la chasse aux Roms : lutter contre la ségrégation scolaire, mise en place de villages d’insertion avec des associations spécialisées, application de la la loi quant à la présence d’aire de gens du voyage, interdiction des expulsions sans proposition de relogement, mise en place de campagnes mobiles de santé.
Lancer dès la première année du mandat un plan pluriannuel d'accessibilité des locaux. Aménager un environnement urbain favorable à toustes (éclairage public, mobilier urbain, mobilités pour les personnes non-valides).

MESURE 2 - Accompagner et soutenir les victimes.

Création d'un binôme mobile : un·e Référent·e Violences (violences sur mineur·es, violences sexuelles et sexistes, violences intra-familiales) et un·e Référent·e Lutte contre les Discriminations. Ces deux référent·es assureront des permanences obligatoires dans les mairies annexes des 5 grands hameaux pour protéger l'intégrité des mineurs.
La municipalité se constitue partie civile pour accompagner les victimes de racisme, de sexisme ou de LGBTIphobie, offrant ainsi un soutien institutionnel fort qui dépasse le simple cadre familial.
Soutenir la mise en place d'une cellule de référence, pour les victimes de violences ou de discriminations notamment celles liées à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, à l'origine, à l’état de santé, dans les postes de police municipaux.
Initier des comités de défense des victimes de violences sexuelles, qui militeront auprès des pouvoirs publics pour un réexamen des plaintes classées sans suite
Créer, développer ou soutenir un lieu d’accueil pour les personnes en rupture familiale du fait de leur orientation sexuelle.
Multiplier les lieux refuge pour les femmes victimes de violences conjugales, comme aujourd’hui le muséon Arlaten, le CIDFF, la Collective. Mieux financer ces structures et mettre en avant leur existence et leur rôle dans les canaux de communication officiels (site de la mairie, Arles Info, réseaux sociaux, affichage public, etc.)

MESURE 3 - Informer et former.

Mettre en œuvre un programme d’information et de sensibilisation dans les établissements scolaires et centres de loisirs.

Former les personnels de la police municipale et de l'hôpital public sur les problématiques et l’accueil des personnes LGBTI pour qu’ils connaissent les critères de discrimination liés à l’orientation sexuelle, mais aussi à l’identité de genre et à l’état de santé, et connaissent les nouveaux délais de prescription (un an) afin de bien guider les victimes ; prêter une attention particulière à la situation des personnes trans et à leur état civil.

Former les agent·es, y compris la police municipale, aux violences sexuelles et sexistes (VSS) et aux violences intra-familiales (VIF). Ces formations seront également ouvertes aux enseignant·es des écoles de la commune, en faisant en sorte qu’elles soient approuvées par le rectorat (pour compter comme formation continue).

Lors de chaque Forum Petite enfance et parentalité (octobre), une conférence sur l’adultisme (la domination des adultes sur les enfants, ce qui entraîne violences et discriminations) sera organisée en invitant des expert·es de cette question.

Donner à voir en positif, une société émancipée, à travers la politique culturelle et événementielle de la municipalité ou de l’intercommunalité : travailler sur le contenu des commandes de la médiathèque, sur le contenu des festivals ou journées thématiques, constitution d’un fonds d’archives des luttes locales d’émancipation antiraciste, décoloniale, féministe, laïque et LGBTQIA+ de la localité.

Axe 26 : Pour une ville accessible aux personnes handies

ÉTAT DES LIEUX :

L’accessibilité est un droit fondamental inscrit dans la loi depuis 2005. Il est urgent de faire de Arles une ville qui lutte contre le validisme et offre des solutions concrètes aux personnes handies et à leurs proches et aidant·es.

Pour beaucoup de personnes en situation de handicap, se déplacer, aller à l’école, sortir dans des lieux publics, voter ou encore accéder aux soins reste difficile, parfois impossible. Comment ne pas exclure ces personnes d’une société trop souvent validiste ?

Le handicap touche 12 millions de Français·es (18 % de la population) et demeure la première cause de discrimination en France. Le terme handicap englobe un large spectre : il peut être physique, sensoriel, mental, ou lié à une maladie chronique. 80% des handicaps sont invisibles. L’accessibilité pour les personnes en fauteuil est essentielle. L’adaptation des lieux se joue également à d’autres endroits : aménagements d’espaces adaptés aux hypersensibilités sensorielles par exemple.

La défense des droits des personnes handies est inscrite dans la loi du 11 février 2005 “pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”. Elle repose sur deux principes : garantir aux personnes handicapées le libre choix de leur projet de vie en favorisant leur autonomie et permettre une meilleure participation à la vie sociale, via trois leviers : l’accessibilité, l’insertion professionnelle et l’inclusion scolaire. Cependant, malgré l’obligation réglementaire, l’accessibilité des espaces publics, des locaux, à l’école, au travail, reste bien souvent insuffisante.

La loi de 2005 réaffirme l’obligation d’emploi d’au moins 6% de travailleur·euses handicapé·es (pour les structures à partir de 20 employé·es) et l’étend à de nouvelles catégories de personnes. Néanmoins, le fait d’être en situation de handicap ou d’avoir une maladie chronique multiplie par trois le risque d’être victime de discrimination au travail.

Par ailleurs, face au manque de structures et de personnel de soin adaptés et aux défaillances du service public, ce sont souvent les proches parents qui s’occupent des personnes. Les aidant·es portent une charge particulièrement lourde, avec peu d’espaces de répit possibles.

À Arles, il existe différentes structures associatives d’accueil et de soin des personnes en situation de handicap.

L’Association les Abeilles Arles Grand Sud est un organisme gestionnaire pluri-établissements et services médico-sociaux. En tout, l’association gère douze établissements, avec entre autres un IME (institut médico-éducatif), un Esat (établissement et service d’aide par le travail) et un foyer d’accueil médicalisé. Ces structures sont situées à Arles, Fontvieille et Châteaurenard, pour environ 600 personnes suivies. En zone Nord, Le Verdier, une structure de type “DITEP/SESSAD” dispose de 33 places de SESSAD (service d’éducation spécialisée et de soins à domicile) et 6 places de semi internat. On peut citer également le foyer Mas Saint-Pierre géré par l’association La Chrysalide, qui héberge une centaine d’adultes handicapés.

Au niveau communal, le Centre Communal d’Action Social (CCAS) a un rôle d’accompagnement auprès des personnes en situation de handicap et propose une orientation vers des structures compétentes, du soutien à l’adaptation du logement et une facilitation de l’accès aux droits et aides spécifiques. Des permanences d’accueil et d’aide sont aussi organisées avec la MDPH, l’association pour les Foyers et Ateliers des Handicapés (AFAH) et l’association Parcours 13.

En novembre 2024, la Ville a créé un poste de “référent handicap” dont la mission principale est l’intégration des enfants en situation de handicap.
Enfin, en 2023, la Ville employait 10% d’agent·es en situation de handicap.

MESURE 1 - Lancer dès la première année du mandat un plan pluriannuel d’accessibilité.

• Améliorer l’accessibilité de l’espace public et des locaux municipaux.
• Renforcer l’offre de transports en commun, avec des navettes à la demande renforcées pour les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées de plus de 70 ans.
• Penser l’accessibilité et l’inclusivité comme partie intégrante des nouveaux espaces communaux (maisons de service publics, accueils jeune, maisons de santé)
• Former les agent·es en lien avec du public à l’anti-validisme et contre la psychophobie.
• L’axe 24 dédié aux discriminations recoupe également des propositions adressées aux personnes handies avec notamment la création d’un observatoire communal des discriminations contre le racisme, le sexisme, le validisme et les LGBTIphobies co-géré avec les associations et les habitant·es, doté d'un budget participatif.

MESURE 2 - Favoriser l’accueil des enfants handicapés au sein des écoles.

• Œuvrer à la création d’une classe UEMA (Unités d'Enseignement en Maternelle Autisme), en partenariat avec une structure médico-sociale, en candidatant ou en soutenant une candidature au prochain appel à projet de l’ARS. Les UEMA sont des classes d’école maternelle spécialisées pour l’accueil des enfants ayant des handicaps lourds.
• Favoriser l’achat de matériel adapté dans les écoles pour accueillir les enfants en situation de handicap.
• Renforcer la formation des personnels scolaires aux enjeux spécifiques des principaux troubles du neurodéveloppement et de l’apprentissage (autisme, TDAH, troubles dys,…).

MESURE 3 - Pour une offre de soin à la hauteur des besoins des personnes en situation de handicap.

Les personnes handies sont aussi les premières à pâtir du manque en personnel médical, paramédical et en structures adaptées. Les différentes mesures prévues dans l’axe 20 “Les urgences pour notre santé” porteront une attention toute particulière aux personnes handies et à leurs proches/aidant·es.

Il s’agira également de renforcer les dispositifs de mise en lien des différents professionnels et associations et de partenariats avec la municipalité.

Axe 27 : La culture n’a pas de centre

ÉTAT DES LIEUX :

À Arles, faute de directives claires, la dernière mandature a mené une politique culturelle par défaut, juxtaposant des projets sans cohérence. Ce laisser-faire a permis l’accaparement des espaces laissés libres par les gros opérateurs et organismes privés, ainsi que l’imposition d’une vision vénale de la culture ne répondant qu’à leurs propres intérêts, au détriment des Arlésien·nes.

Plusieurs événements populaires appréciés ont disparu (Drôles de Noëls, Drôle de Carnaval...) pendant que d’autres événements ont vu le jour dans le seul but de consolider une image dorée de ville touristique mais sans plus-value sociale concrète pour les Arlésien·nes.

Les associations, qui se plaignent de financements attribués selon des critères opaques, partagent une frustration croissante.

Sans ligne directrice ni moyens déployés pour les services publics culturels, le constat est sans appel : médiathèque à l’abandon, théâtre et musée Réattu recroquevillés sur eux-mêmes, personnel public en souffrance, empêché de mener à bien ses missions, monuments historiques mal entretenus et patrimoine bâti vendu ! Des lieux appartenant à la commune d’Arles sont négligés voire laissés à l’abandon ou pire, vendus à des acteurs privés.

Ce sont là les conséquences logiques d’une politique qui privilégie la rentrée d’argent immédiate, sans vision à moyen-long terme. Une politique qui prive les arlésien·nes de la préservation de leur patrimoine commun et de leviers indispensables pour mener une politique culturelle authentique et cohérente qui profite à toutes et tous.

MESURE 1 - Réinventer une politique culturelle démocratique.

Loin d’être un champ unifié et paisible, le secteur culturel est un espace diversifié et contradictoire où se jouent des concurrences et des rapports de force en vue d’une domination symbolique qui débouche sur des positions effectives de pouvoir.
À Arles, nous constatons une segmentation nette entre culture légitime (financée) et cultures invisibilisées, entre opérateurs poids lourds et associations précarisées, entre pratiques professionnelles prestigieuses et médiatisées et pratiques amateures laissées pour compte, entre pratiques contemporaines et vénération de la tradition, entre centre-ville gentrifié et quartiers et villages relégués.
Compte tenu de ce paysage morcelé et des tensions qui le parcourent, toute la question est, pour nous, de redéfinir qui énonce la politique culturelle. Il s’agit de déjouer les biais sociologiques et esthétiques qui reconduisent implicitement les positions de domination et d’autorité qui imposent des valeurs particulières à une classe comme des valeurs universelles.

Nous proposons donc que la politique culturelle soit conduite par une assemblée constituée d’habitant·es, d’acteurs et actrices associatives, d’artistes, d'acteurs et actrices culturel·les, de travailleurs et travailleuses sociales, de technicien·nes de la collectivité et d’élu·es de la majorité et de l’opposition. En effet, seule l’intelligence collective nous semble à même de prendre en compte un paysage caractérisé par une extrême diversité des cultures et des pratiques culturelles.
Pour que chacun·e puisse participer pleinement à cette assemblée, des moyens lui seront alloués pour permettre la garde des enfants, les déplacements et le défraiement du temps consacré à ces réunions. Cette assemblée se saisira de toute question relative à la culture sur la ville. Elle mènera des études, des auditions, des visites, etc… pour débattre et délibérer en toute connaissance de cause. Elle soumettra au conseil municipal ses avis pour approbation et vote.
Nous inviterons cette assemblée à se saisir de l’opportunité et de la réalisation des mesures qui suivent.

MESURE 2 - Soutenir financièrement les activités et la diversité des cultures et des pratiques culturelles.

Augmenter le montant des subventions culturelles (a minima de 200 000 euros par an pour contrebalancer les réductions à l’oeuvre depuis 2020) et développer avec les associations de terrain des conventionnements pluriannuels qui permettent la conduite de projets à moyen terme : il s’agit de soutenir les associations qui, sur l’ensemble du territoire et en particulier dans les quartiers, permettent aux habitantes et habitants de choisir et de valoriser leurs pratiques et leurs cultures. Nous garantissons ainsi la diversité, la liberté de création et d’expression et la participation de toustes à la vie culturelle arlésienne.
Maintenir les moyens des grands opérateurs dont les festivals nourrissent la vie culturelle arlésienne et induisent d’utiles retombées économiques, élaborer avec eux un cahier des charges qui promeut des actions pour et par les habitant·es tout au long de l’année et sur tout le territoire municipal.
La politique culturelle reposera sur les principes de l’éducation populaire.
Ce soutien aux associations passe aussi par l’inter-connaissance et la fédération de leurs moyens et de leurs compétences. Dans cette perspective nous proposons de cartographier et de créer un réseau d’acteur·rices, de personnes et lieux ressources à l’échelle du territoire qui permette des rencontres et des projets coopératifs incluant les acteurs sociaux. Cette cartographie permettra également l’enrichissement de l’actuel cahier-ressources recensant des projets et propositions riches et multiples à destination des écoles et des collèges, dont périscolaire et inter-classes financés correctement.

MESURE 3 - Redonner des moyens au service public de la culture pour décentraliser ses activités.

Permettre aux structures existantes de développer des actions culturelles avec tous·tes les habitant·es (médiathèque, théâtre, conservatoire de musique, musées, maison de la transition, service du patrimoine...), notamment en menant des actions en dehors du centre-ville, et en favorisant la gratuité et la tarification sociale des équipements culturels, ainsi que l'accès à des parkings gratuits et des gardes ou espaces pour enfants.
Recréer des lieux de mixité culturelle, de pratiques amateures, de convivialité et de lien social, incluant les fonctions d’une médiathèque, d'une MJC, d’un centre social, dans les quartiers de politique prioritaire de la ville (Trébon, Griffeuille, Barriol), qui permettent aux habitant·es de s'organiser pour produire et visibiliser leurs cultures, en y développant des partenariats avec les centres sociaux, équipements culturels, associations, écoles et artistes locaux, et en réinvestissant les espaces publics.
La création de ces trois équipements soulagera le service du bibliobus dont la rotation des tournées pourra être accélérée pour desservir les hameaux de Camargue.
Cette mesure ne peut être complète et cohérente qu’avec une redynamisation de la médiathèque de centre-ville qui devient coordinatrice du réseau (3 lieux dans les quartiers, 1 bibliobus, 1 service animation et médiation, 1 artothèque dont les acquisitions permettront de visibiliser les artistes de la ville, comme c'était le cas lorsqu'elle existait encore à Arles, 1 service hors les murs, partenariat avec les autres opérateurs et les associations).
La MDVA sera reconsidérée et réinvestie. Comme d'autres espaces de la ville, patrimoniaux et modernes, elle pourra être mise à disposition des habitant·es de tout le territoire notamment pour des présentations des pratiques artistiques et culturelles.

Axe 28 : + de moula - de Luma

ÉTAT DES LIEUX :

Arles dispose d’un écosystème culturel dense (institutions, festivals, écoles, fondations) mais marqué par des fragilités et des inégalités. La culture comme service public est délaissée au profit d'une culture privatisée reposant principalement sur la philanthropie d'une classe bourgeoise qui fait de la ville d'Arles un terrain de jeu pour ultra-riches. Par exemple, en centre-ville d’Arles, on compte six fondations d'art privées (Luma, Fondation Manuel Rivera Ortiz, Fondation Vincent Van Gogh, Fondation Thalie, Fondation Lee Ufan, The VII Foundation) et, à l’été 2026, une septième sera inaugurée : la fondation Jean-Marc Bustamante.

Arles à environ 13 fois plus de fondations d’art privées par habitant·e que Paris.

Le secteur culturel représente 4,7 % de l'emploi dans la commune, un taux supérieur à la moyenne régionale (2,2 %) et nationale (1,9 %). Source : étude Insee 2019 - Secteur culturel en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Pour autant, le constat est sans appel. Suite à une politique d’austérité tant au niveau national, régional que municipal, la précarité des revenus des artistes et technicien·nes s’est accentuée ces dernières années. Une grande partie des travailleur·euses de l'art et de la culture embauché·es dans des institutions privées et/ou publiques sur Arles pâtissent de mauvaises conditions de travail dues :

à des contrats précaires (stages sous payés, enchaînement de CDD, missions d'intérim) ;
au manque de personnel (qui entraîne très souvent des surcharges de travail et donc des possibles troubles physiques et mentaux) ;
au rythme du tourisme culturel qui concentre l'activité professionnelle sur une moitié de l’année;
au manque d’espaces pérennes (studios, plateaux, ateliers) résultant d'une privatisation de la ville par de grandes fortunes avec la complicité d'une municipalité qui les laisse faire ;
au manque de visibilité des artistes et travailleur·euses locaux·ales ;
à une vision fantasmée des “métiers passions” qui justifie l'exploitation au travail, le rendement et les évaluations abusives.

Ces fragilités se traduisent par un marché du travail basé sur des contrats précaires et saisonniers qui obligent les travailleur·euses à de la mobilité forcée pour trouver du travail ailleurs, qui empêche l'inscription des projets artistiques sur le long terme, et qui échouent à porter ces projets sur un territoire géographique arlésien vaste et hétérogène entre quartiers de la ville et villages.

MESURE 1 - Des meilleures conditions de travail pour les travailleureuses de l’art et de la culture.

• Mise en place de clauses sociales culturelles dans les conventions et contrats entre la municipalité et les institutions et/ou associations culturelles afin de s’assurer de conditions de travail dignes.
• Mieux définir les critères et attentes d'un projet en amont et en aval de l'attribution d'une subvention : dans le but d'alléger la charge de travail des travailleur·euses de la culture en s'éloignant progressivement de la forme des dossiers pour privilégier les rencontres de terrain, auprès des institutions/associations.
• Conditionner les subventions ou partenariats pour dédier des heures aux artistes locaux, pour que le travail revienne aux équipes internes, ou, si travail spécifique et très technique, que ce soit sous condition d'emploi avec CDD long et CDI.
• Toutes les conventions et contrats d’intermittence ou contrats courts lors des festivals devraient permettre le choix d’une durée de contrat de 1 an minimum à 3 ans.
• Fonds de transition salarial pour employeur·ses locaux : aide dégressive sur 12–24 mois pour transformer les contrats courts en contrats stables, afin d’assurer un complément mensuel modulé pour les artistes et travailleur·euses culturel·les en situation de précarité et convertir les CDD courts en CDD longue durée ou CDI partagés pour technicien·nes et médiateur·ices.
• Défendre à l’échelle municipale le projet de loi national « Pour une continuité des revenus pour les artistes-auteur·ices » et le projet de « Sécurité Sociale de la culture » et prévoir des séances de formation et de sensibilisation auprès des étudiant·es en formation sur Arles et toutes personnes qui le souhaitent.

MESURE 2 - Studios solidaires et occupation des locaux vacants.

L’objectif est la mise à disposition et la mutualisation d'espaces de travail et/ou logements pour les artistes locaux.
• Mobilisation en utilisant le droit de préemption et mise à disposition avec loyers sociaux de locaux municipaux et privés vacants pour studios, ateliers et résidences courtes, répartis entre centre, quartiers et villages de Camargue.
• Cartographie des locaux vacants et négociation de conventions de 3 ans avec propriétaires publics/privés.
• Attribution via une commission mixte selon le projet artistique, l’impact territorial et des critères écologiques (réemploi, sobriété énergétique).
• Travaux légers financés par la Ville pour mise aux normes et accessibilité.
• Matériel mutualisé à louer à bas prix pour les travailleur·euses de la culture

MESURE 3 - Renforcement et création de dispositifs culturels locaux.

• Promouvoir les artistes et les structures arlésiennes par la commande publique et les dispositifs culturels avec les habitant·es.
• Bus culturel pour proposer des expositions en itinérance en Camargue.
• Développement d’une plateforme « Arles Création » : annuaire, agenda, cartographie des lieux et offres de résidences.
• Clause dans la commande publique culturelle : 30% des heures financées réservées aux résident·es, et structures locales ; priorité aux pratiques écologiques et inclusives.
• Subventionner les projets pérennes avec possibilité de reconduire les conventions de projets avec la même structure.
• Renforcer les résidences et les parcours EAC (Éducation Artistique & Culturelle) dans tous les établissements scolaires publics.
• Enrichir le cahier-ressources mis à disposition des professeur·es et du périscolaire.

Axe 29 : Promouvoir le sport populaire

ÉTAT DES LIEUX :

Arles présente une forte vitalité associative et sportive : plusieurs dizaines de clubs et associations sportives et environ 8000 licencié·es (donc un·e Arlésien·ne sur 7). Le maillage d’équipements sportifs est supérieur à la moyenne nationale. Le passage de la Flamme Olympique en 2024 et le succès d’événements comme la Fête du Sport ou la Nuit du Fight, organisée par le champion de boxe Mickaël Pignolo, confirment également l’intérêt de la population pour les événements sportifs et la culture sportive en générale.

Mais ce patrimoine sportif, vieillissant, est souvent délabré faute d’entretien régulier, malgré les investissements de la mandature actuelle. Ces équipements sportifs sont également concentrés sur Arles même, au détriment des hameaux et de l’espace rural.

Les subventions aux clubs et associations sportives sont globalement insuffisantes : en septembre dernier, les dirigeants de l’AC Arles, qui compte 700 licencié·es, tiraient ainsi la sonnette d’alarme sur le manque d’investissement, l’état dégradé des installations de la Plaine des sports Louis-Brun, et le manque de considération de la mairie face à leurs demandes légitimes.

La pratique sportive est un vecteur essentiel de lien social car ce sont sur les terrains, dans les gymnases et dans tous les espaces de pratique que tous les publics sont amenés à se rencontrer, par delà les différences sociales parfois abyssales entre pratiquant·es.

C’est aussi pour beaucoup un outil de réussite par la formation et la professionnalisation. C’est enfin un enjeu de santé publique et de lutte contre les effets de la sédentarisation de la population.

Depuis plusieurs années, et encore plus depuis le Covid, le bénévolat connaît un essoufflement. La difficulté de dégager du temps associatif ainsi que les difficultés de financement sont deux causes importantes de cette baisse d’investissement associatif.

Beaucoup de clubs se trouvent démunis face au manque de moyens humains et matériels à leur disposition pour encadrer les enfants et adultes de façon sereine et durable.

Nous proposerons une politique de rupture : de l’argent où il en faut, du respect pour celles et ceux qui font le sport au quotidien, qui encadrent, qui animent.

Nous proposerons un projet sportif de territoire à l’échelle de la commune et le porterons au niveau de l’agglomération.

Dans le contexte plus général d’une nécessaire adaptation de la ville aux bouleversements climatiques, les piscines, en particulier, seront au cœur de notre stratégie politique.

MESURE 1 - Sports accessibles : équipements rénovés, dialogue avec les associations, Pass’sports club étendu.

Une enquête sur les besoins réels
Le ministère des Sports souligne au niveau national la nécessité d’analyser le taux réel d’occupation des équipements pour adapter les politiques publiques, dans le cadre du recensement national Data ES. Avant tout nouvel investissement, il faut donc absolument se poser les questions suivantes :
• Les 165 équipements sont-ils pleinement utilisés ?
• Sont-ils adaptés aux normes environnementales et énergétiques actuelles ?
• L’entretien préventif est-il suffisamment budgété ?
Cette enquête doit être conduite avec les professionnel·les du sport et avec les clubs et associations sportives. Les résultats de l’enquête seront transmis et discutés par l’Assemblée citoyenne et populaire qui pourra alors prioriser les équipements à rénover.

Des investissements pour rénover, mettre aux normes PMR, adapter aux bouleversements climatiques
En particulier :
• réhabilitation du gymnase J.F. Lamour ;
• des vestiaires du gymnase Louis Brun (Barriol) ;
• du stade Angelin ;
• des vestiaires de la piscine Guy Berthier ;
• des vestiaires du complexe Fournier ;
• du gymnase de Raphèle.

Soutenir les associations sportives
• Augmenter les subventions aux associations sportives.
• Renouer le dialogue et leur montrer en permanence qu’elles sont des interlocutrices précieuses et respectées.
• Verser systématiquement une avance de subvention lorsqu’elle est demandée pour que la trésorerie des associations rende possible les initiatives et projets sportifs.

Étendre le dispositif “Pass’sports club” aux étudiant·es faisant leurs études sur Arles.

MESURE 2 - Création d’un Club maître et grand évènement sportif annuel.

Le Club maître est un cerveau administratif permettant de mutualiser l’expertise afin de libérer les éducateur·rices et les bénévoles des contraintes bureaucratiques. ​En séparant l'opérationnel sportif (le terrain) de l'ingénierie administrative (le Club maître), et en finançant sérieusement le bâti (mesure 1), on crée un modèle viable qui attire les financements des mutuelles et de l'État. Le grand événement sportif populaire aurait un impact significatif sur l'investissement des arlésien·es et permettrait, à terme, d’être source de financement pour les associations sportives porteuses.

Nous proposerons la création d’un Club maître adossé à un véritable projet sportif de territoire à l’échelle de la commune, comme modèle pour l’agglomération. Ce projet permet de fédérer l’ensemble des associations sportives pour offrir un service municipal, le Club maître, sur le modèle fédéral, s’appuyant sur des conseillers techniques expert-es. Les 3 fonctions du Club maître :
• Pôle de Compétences : centralisation de la comptabilité, des ressources humaines professionnelles, de l’accompagnement pour la formation des bénévoles et professionnels et de la gestion juridique.
• ​Ingénierie de Projet : une équipe dédiée à la veille et au montage des dossiers de subventions complexes ainsi qu'à la coordination des projets inter-structures.
• ​Conseil Stratégique : pilotage du développement à long terme du réseau et coordination entre clubs de chaque discipline sportive.
Pour chaque discipline, en fonction des spécificités et attentes, avec un enjeu de mutualisation des compétences, un club serait désigné expert de la formation, un autre de la préparation physique, etc.
Ce Club maître ne se substituera pas au projet associatif de chaque club, qui gardera son autonomie. Il sera une structure de soutien actif aux associations qui adhèrent au projet sportif de territoire articulé autour de 3 objectifs centraux : Sport santé, diversité des publics et un grand événement sportif populaire.
Le premier grand événement sportif populaire pourrait être un tournoi de football interquartiers et intervillages, avec invitation d’équipes à l’international, à l’horizon 2027.
L’ambition du Club maître fédérateur et d’un événement sportif populaire annuel est celui d’une cohésion territoriale sportive permettant de sortir d’une paupérisation croissante des associations sportives et d’un désinvestissement de ses membres au profit de structures privées. Les bénéfices dégagés par l’évènement sportif annuel et les recherches de subventions par le·a conseiller·e technique permettront de monter en compétences : formation des encadrant·es, professionnalisation.
La SCO (Société Culturelle et Omnisports) Sainte Marguerite à Marseille, organisatrice de la course Marseille-Cassis : https://www.scostemarguerite.com

MESURE 3 - Des piscines ouvertes tout l’été et gratuites pour les moins de 25 ans, une Ville qui s’engage pour financer des formations de maîtres-nageurs.

Les trois piscines municipales (Les Tournesols à Trinquetaille, Guy-Berthier au Trébon, et Marius-Cabassud) sont des lieux essentiels pour la pratique sportive.

Nous instaurerons la gratuité immédiate, toute l’année, pour toustes les moins de 25 ans.

En plein été, ces piscines sont des îlots de fraîcheur très appréciés. Avec la multiplication des vagues de chaleur, elles vont devenir de plus en plus nécessaires. Aussi, nous ferons en sorte que les trois piscines municipales soient ouvertes tout l’été et nous installerons des bassins dans les villages.

Cela suppose de recruter massivement durant l’été : maîtres nageurs (titulaires du BEESAN), sauveteurs aquatiques (titulaires du BNSSA), technicien-nes d’hygiène de l’eau, agent-es de propreté, etc. Or ces recrutements sont compliqués depuis plusieurs années du fait d’un manque chronique de maîtres nageurs à l’échelle de toute la France (il en manquerait environ 5000). Lors des années précédentes, la Ville a ainsi dû renoncer à installer des bassins au Sambuc et à Salin-de-Giraud.

Actuellement, la Ville finance la moitié de la formation au Brevet National de Sauvetage et de Sécurité Aquatique (B.N.S.S.A.), en échange d’un recrutement pendant un été (ce qui permet globalement de recruter 4 ou 5 jeunes par an). Nous proposons de prendre en charge l’intégralité de ce financement, avec comme objectif d’atteindre 15 recrutements annuels, ce qui contribue également à la professionnalisation des jeunes Arlésien-nes. Nous financerons également la moitié de la formation au BEESAN en échange de l’engagement de travailler deux étés à Arles, avec comme objectif le recrutement de 5 maîtres-nageurs.

Axe 30 : Donner aux associations les moyens d’agir

ÉTAT DES LIEUX :

Le tissu associatif arlésien est extrêmement dynamique. Antennes locales d’associations nationales ou internationales, associations locales, clubs, collectifs, etc., portés par des centaines de personnes qui s’engagent au quotidien pour l’environnement, l’éducation populaire, la solidarité, la santé, la culture, le patrimoine, le sport.

À Arles comme ailleurs, le tissu social repose en grande partie sur cet engagement - presque toujours bénévole - que nous souhaitons saluer.

Cependant, les difficultés sont nombreuses. Les subventions municipales stagnent depuis 5 ans, après une grosse baisse initiale (-17%), le maire voyant à cet endroit (sur les conseils d’un audit financier) une marge de réduction de la dette. Depuis, de nombreuses associations sont en difficulté, d’autant que dans le même temps les dons individuels ont diminué, reflet d’une paupérisation globale de la population et du creusement des inégalités socio-économiques. De nombreuses associations sont confrontées au vieillissement de leurs dirigeant·es et ont des difficultés à recruter des bénévoles.

Insuffisantes, les subventions sont également inégalement distribuées. Pour ce qui est des associations culturelles, par exemple, 10 structures cumulent à elles seules 82% des subventions ; les Rencontres de la Photo concentrent près de 50 % des subventions aux associations culturelles… À l’autre bout de cette chaîne alimentaire, 108 associations se partagent les 18% restants.

Ces subventions sont de plus en plus attribuées “sur projet” et non plus au fonctionnement. C’est également le cas des subventions régionales ou étatiques (Fonds pour le Développement de la Vie Associative). C’est un fonctionnement injuste qui défavorise les petites associations, car elles ne disposent pas du temps nécessaire pour répondre à ces appels à projet chronophages et techniques.

Enfin, ces subventions sont attribuées selon des critères opaques, alimentant l’impression de décisions arbitraires et laissant toujours planer le doute : s’engager politiquement, s’opposer trop frontalement à la mairie est souvent vu comme un risque. Ce n’est pas normal.

Sources :
“Subventions aux associations : à Arles, lorsque l'opposition veut acheter une calculatrice au premier adjoint”, La Provence, 4 avril 2025, https://www.laprovence.com/article/region/1570719084598615/subventions-aux-associations-a-arles-lorsque-lopposition-veut-acheter-une-calculatrice-au-premier-adjoint

MESURE 1 - Soutenir les associations.

Augmenter les subventions aux associations pour revenir immédiatement au niveau de 2019 ; continuer ensuite jusqu’à avoir corrigé l’inflation depuis.
Soutenir, accompagner, aider les associations : par exemple en acceptant les demandes d’avances sur le versement des subventions pour les associations en difficulté. Elles doivent également être considérées comme des partenaires de l’action publique, tout en conservant leur pleine indépendance d’action. Les responsables de ces associations seront donc régulièrement sollicité·es tant par le conseil municipal que par l’Assemblée citoyenne et populaire, pour leur expertise, leur connaissance des terrains, leur proximité avec les habitant·es.
Un événement annuel organisé par la mairie, type Forum du bénévolat, permettra de réunir ces acteur·rices, de leur témoigner la reconnaissance officielle de la Ville et de communiquer sur les actions qu’iels mènent au quotidien.
Faciliter la réservation des locaux municipaux pour les réunions des associations.
Aider à la création de nouvelles associations en proposant un accompagnement juridique et administratif.

À Brest, un dispositif structuré a été mis en place pour accompagner les bénévoles depuis la création de leur structure jusqu’à l’intégration dans l’écosystème du territoire. La démarche Brest’Assos a débuté en 2020 avec la création d’une délégation aux dynamiques associatives qui a souhaité se faire accompagner par Le Mouvement associatif de Bretagne pour l’aider à structurer son projet. Concrètement, des passerelles techniques ou administratives sont centralisées au sein d’une Maison des associations pour favoriser la montée en compétences des porteur·ses de projets. La Maison revendique 200 associations inscrites (dont 11 hébergées en permanence) parmi les plus de 3000 présentes sur le territoire. Rendue accessible aux personnes porteuses de handicaps, la Maison propose un Pack hébergement associatif qui intègre domiciliation, armoires administratives sécurisées, coworking etc.). En parallèle, toutes les démarches de financement (subventions, appels à projet) sont regroupées et suivies dans un même espace numérique accessible depuis le site web de la ville.
Source : “Brest’assos, un rendez-vous au service de la dynamique associative”, Le Télégramme, 26 septembre 2022, https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/brest-assos-un-rendez-vous-au-service-de-la-dynamique-associative-334292.php

MESURE 2 - Attribuer les subventions d’une manière transparente.

Expliciter les critères d’attribution des subventions et laisser des commissions paritaires attribuer les subventions.
De la construction des cahiers des charges, à l’évaluation des actions en passant par l’instruction des dossiers et les choix d’attributions, ces commissions pourraient suivre tout le cycle de la subvention. Ces commissions pourraient rassembler des élu·es de la majorité et de l’opposition, ainsi que des citoyen·nes tiré·es au sort et indemnisé·es pour leur participation, des technicien·nes et représentant·nes de l’Etat (conseiller•ères éducation populaire et de jeunesse) et des chercheur·euses.
Source : “7 propositions pour des communes refuges des libertés associatives” par l’Observatoire des libertés associatives (Julien Talpin et Cie)
https://libertesassociatives.org/ressource/democratie-et-libertes-associatives-et-democratie-dinterpellation-enjeux-democratiques-pour-les-municipales-2026/

Privilégier autant que possible des subventions pluriannuelles qui permettent aux associations de gérer plus sereinement leur budget et leurs actions, sans avoir à perdre du temps chaque année. C’est l’une des mesures phares d’un rapport du CESE en 2024, qui rappelle que mieux financer les associations est une urgence démocratique.
Conditionner les subventions à des engagements concrets en faveur de la mixité (de genre et sociale), de la bifurcation écologique, de l’animation toute l’année (et pas uniquement durant la saison estivale).
S’assurer, qu’en lien avec la loi “République numérique”, la Mairie respecte les obligations d’ouverture des données publiques (open data), notamment concernant le financement des associations, en rendant accessibles et transparents les financements octroyés.

MESURE 3 - Protéger les libertés associatives.

Depuis plus d’un an, la Maison de la Vie Associative est dans la tourmente : un nouveau règlement, appliqué strictement par son conseil d’administration, a conduit à l’interdiction d’une conférence, ce qui par boule de neige a fini par entraîner l’exclusion de la Ligue des Droits de l’Homme, tandis que de nombreuses autres associations dénoncent des empêchements, des freins, des blocages.
Les libertés associatives ne se discutent pas - sauf à répondre devant la loi - et doivent être défendues.
Alors que M. de Carolis est longtemps resté passif dans ce dossier, prêtant le flanc à de légitimes critiques, nous nous engageons à toujours veiller au respect plein et entier des libertés associatives et de la liberté d’expression, tout en offrant les services de la Mairie et des élu·es pour jouer un rôle de médiation dans ces cas-là.
“La ligue des droits de l’Homme exclue de la Maison des associations”, L’Arlésienne, 18 décembre 2024, https://larlesienne.info/2024/12/18/la-ligue-des-droits-de-lhomme-exclue-de-la-maison-de-la-vie-associative-darles/
“À Arles, la fronde s’organise contre les atteintes aux libertés associatives et syndicales”, Médiapart, 29 janvier 2025, https://www.mediapart.fr/journal/france/290125/arles-la-fronde-s-organise-contre-les-atteintes-aux-libertes-associatives-et-syndicales

Axe 31 : Arles, ville refuge pour les exilé·es

ÉTAT DES LIEUX :

Actuellement, les conditions d’accueil des personnes étrangères sont compliquées à Arles. De nombreuses structures et réseaux d’entraide informels existent (réseau d’entraide communautaire, associations de FLE, Secours Populaire, Secours Catholique, mission locale, tiers-lieux et ressourceries...) mais sont peu soutenus par la municipalité.

L’objectif de cette mandature est de créer une initiative municipale qui offre aux personnes étrangères habitant la ville l’opportunité de se sentir chez elles.

Alors que le racisme et le colonialisme se ressentent à tous les échelons de l’État et des collectivités territoriales, nous tenons à rappeler que les personnes étrangères sont les premières à en souffrir.

Nous porterons des propositions politiques qui promeuvent un accueil de celles et ceux qui sont loin de chez eux.

MESURE 1 - Adapter les activités des maisons de service public aux personnes étrangères.

Les étranger·es sont laissé·es à l’abandon alors même qu’iels font face à de nombreuses barrières qui les privent des services publics fondamentaux. Couleur de peau, barrière de la langue, qualifications non reconnues, préjugés, irrégularité administrative de la présence en France... Même si cela ne concerne pas nécessairement tous les étrangers, ce sont autant d’obstacles qui les empêchent de vivre dignement et de s'épanouir en France. Et quand ces obstacles se cumulent, la précarité s'accroît d’autant.
Ainsi, il faut investir les maisons de service public avec des prestations de service public spécifiquement dédiées à ces problématiques.
Concrètement, les besoins principaux dont ces personnes font part sont une permanence d’un·e assistant·e social·e, un soutien juridique et administratif, des cours de FLE, de l’aide à l’accès au travail (ateliers CV, speed datings professionnels), un·e écrivain·e public,...
Afin de rester au plus près des besoins des concerné·es, une partie de la gouvernance du volet "soutien aux étranger·es" est confiée aux usager·es.
Ces maisons de service public sont également un outil de domiciliation des étranger·es sans abri.

MESURE 2 - Créer une carte d'identité municipale et intégration dans la société.

Mise en place d’une carte d’identité municipale pour les personnes en situation non régularisée, permettant un accès aux services publics fondamentaux (transport, eau, hôpital, école) et l’insertion dans la vie de la communauté (avoir un statut institutionnel lors des contrôles d’identité, voter aux consultations citoyennes et RIC). Cela facilite également l’intégration à l'emploi, la participation aux projets de développement communal et artistique, et cela contribue à reconnaître et valoriser les expertises et le travail des étranger·es.
Nous porterons une attention particulière à ce que cela ne se révèle pas être une vaste opération de fichage des sans-papiers.

MESURE 3 - Désengager la commande publique d'une économie de guerre et d'exploitation.

La ville d’Arles exprimera sa solidarité avec les personnes et peuples dans le besoin à travers la mise en place d’une politique solidaire, la reconnaissance des souffrances des populations opprimées et victimes de violence comme actuellement en Palestine, au Soudan ou au Congo.
Plusieurs décisions symboliques peuvent être prises : affichage du drapeau à l’hôtel de ville, jumelage, échanges de personnalités, accueil des réfugié·s, nomination de citoyen·nes d'honneur pour une reconnaissance des voix remarquables.
Rupture de la complicité avec une économie de guerre et coloniale : clause dans les marchés publics pour l’embargo/boycott des produits et services profitant à la colonisation, transparence sur le choix des marchés et les motivations humaines et environnementales, instauration de labels éthiques.

Axe 32 : La solidarité n’a pas de frontières ! Justice pour la Palestine !

ÉTAT DES LIEUX :

La situation en Palestine est marquée par une occupation prolongée, des violations répétées du droit international et une crise humanitaire majeure à Gaza. L’armée israélienne y mène une politique ouvertement génocidaire d’extermination de sa population et de colonisation de nombreuses fois condamnée par l’ONU. Pourtant, les collectivités locales françaises restent souvent silencieuses face à ces atteintes aux droits humains. Des partenariats institutionnels ou économiques peuvent exister sans évaluation éthique suffisante. Les initiatives citoyennes de solidarité manquent de soutien politique et logistique.

Les communes ont leur mot à dire et doivent affirmer leur attachement au droit international et leur condamnation sans faille de toutes les politiques génocidaires. C’est le cas à Barcelone par exemple où la municipalité a décidé de suspendre tous les liens institutionnels avec Israël en février 2022 .

Nous sommes fier·es de compter parmi notre liste de nombreux·ses militant·es engagé·es sur ces questions depuis maintenant plusieurs années. C’est sur leur énergie, leur exigence, leurs ambitions que nous nous appuierons pour porter une position municipale claire en faveur du respect du droit international et des droits du peuple palestinien.

Notre objectif est une mairie engagée pour la fin du génocide, de la colonisation et de l’apartheid à Gaza.

MESURE 1 - Ne pas travailler avec des entreprises impliquées dans des crimes de masse.

Présenter et soutenir au Conseil municipal un projet d’adoption de charte éthique applicable à la commande publique excluant les entreprises impliquées dans des violations graves du droit international, en particulier du droit humanitaire et des droits humains. Ces exclusions participent de logiques de boycott, impulsées et soutenues à l’échelle internationale (campagne BDS par exemple).

MESURE 2 - Rappeler l’importance du droit international.

Présenter et soutenir au Conseil municipal une motion manifestant notre attachement au respect du droit international, reconnaissant explicitement les conclusions de la Commission d’enquête indépendante de l’ONU indiquant la commission d’un crime de génocide à Gaza, ainsi que les conclusions de l’avis de la Cour Internationale de Justice du 19 juillet 2024 statuant sur l’illégalité de l’occupation israélienne du Territoire Palestinien Occupé, et la nécessité que la France respecte ses obligations de prévention et répression du génocide, et de non reconnaissance et non-assistance à la situation d’occupation illégale.

MESURE 3 - Soutenir les luttes pour les droits des Palestinien·nes.

Soutenir financièrement et défendre la liberté d’expression et de manifestation des associations et citoyen·nes engagé.es pour les droits des Palestinien·nes.
Plusieurs décisions symboliques peuvent être prises : affichage du drapeau à l'hôtel de ville, jumelage, échanges de personnalités, accueil des réfugié·s, nomination de citoyen·nes d'honneur pour une reconnaissance des voix remarquables.